Notre mission est de maximiser la valeur pour l’actionnaire en optimisant les processus et en créant des synergies organisationnelles qui ont pour but l’obtention d’économies d’échelle qui vont servir de relais de croissance à l’entreprise [Bullshitful People]
Ça y est, le patron présente sa nouvelle stratégie. Et bien sûr cette stratégie est sensée être incarnée par la mission qu’il dévoile fièrement : maximiser la valeur !
Je lève le doigt pour poser une question : « si notre mission est de maximiser la valeur, cela implique donc qu’il y a une valeur maximum. Quelle est-elle ? »
Le boss me regarde comme si je venais de Mars. Non, plutôt d’Alpha du Centaure. En tout cas tout dans ses yeux traduit le merlan frit qui ne comprend pas pourquoi on pose une question. « Ça ne se calcule pas, dit-il c’est pas aussi simple. Ça veut dire qu’il faut faire tout pour que la valeur soit la plus haute. »
Il s’imagine probablement que je vais en rester là, mais non, aujourd’hui je suis d’humeur taquine alors je poursuis. « Vous voulez dire que vous nous assignez une mission mais que vous êtes incapable de fixer un objectif précis ? »
Là, il commence à s’énerver un peu. « Mais si voyons, nous allons déterminer la valeur maximum à atteindre sur une série de plusieurs critères ». Il commence à employer des gros mots comme best practice, benchmark et balanced scorecard. Je m’étonne qu’il n’arrive pas à placer « communauté d’expert » qui semble être la tarte à la crème à la mode en ce moment dans les entreprises.
Je pose une autre question : « Mais alors, une fois qu’on aura atteint la valeur maximum, ça veut forcément dire que ça ne peut plus évoluer vers le haut, mais seulement vers le bas. Notre mission est donc d’amener l’entreprise au point auquel sa valeur va commencer à décroître ? »
Je ne me souviens plus de ce qui se passe après. Il me semble qu’il y a eu des cris, puis un événement terrible, style le boss qui explose en envoyant des bouts partout dans la pièce, c’était horrible mais à ce moment mon réveil a sonné et je me suis réveillé.
Deux heures plus tard je suis au boulot. J’ouvre mon mail, et dans ma boîte de réception attend une invitation de mon boss pour présenter sa nouvelle stratégie.
De mon côté mon objectif est d’arriver à écrire un article dont le titre est plus long que le texte.
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Demo Madness Techdays du Bizspark de Microsoft, ou comment pitcher sa startup en 6 minutes
Mercredi dernier j’ai eu l’opportunité d’être dans le jury du concours de pitch des startups chapeautées par le Bizspark de Microsoft France. Une dizaine de startups avaient 6 minutes pour présenter leur produit et convaincre les membres du jury. Au passage merci à Lubomira, la responsable du programme, de m’avoir permis d’y participer. Vous pouvez trouver un compte-rendu des startups gagnantes sur Frenchweb et une galerie de photos sur picasa. Encore bravo à Beezup, Restopolitan et Allmyaps arrivés respectivement premier, deuxième et troisième du concours.
Plutôt que de dupliquer l’information déjà disponible, je voudrais revenir sur quelques points qui font la différence entre un pitch réussi ou raté.
Un bon pitch doit répondre à plusieurs questions incontournables :
- Quel est le problème que résout mon produit ?
- Pourquoi mon produit est une bonne solution, ou une meilleure solution que la concurrence ? Autrement dit, si j’étais à la place de mon client, pourquoi achèterais-je mon produit plutôt qu’un autre ?
- Pourquoi suis-je crédible ?
Il y a bien d’autres questions auxquelles il faut répondre pour convaincre les investisseurs (en particulier au niveau financier), mais lorsqu’on ne dispose que de 6 minutes il faut soigneusement choisir ce que l’on va présenter. Voici quelques trucs pour préparer un pitch de 6 minutes efficace :
- Répondez à la question « quel est le problème que résoud mon produit » pendant la première minute . Une bonne manière de le faire est de raconter l’anecdote qui vous a donné l’idée de créer votre sociéte.
- Montrez, n’expliquez pas. Comme disent les américains : « show, don’t tell ». En pratique, cela signifie qu’il est beaucoup plus facile de montrer à quoi sert un produit que de l’expliquer. Une autre façon d’exprimer cela est « un bon croquis vaut mieux qu’un long discours ». il est vital de se rappeler que le public n’adhèrera pas à votre projet tant qu’il n’aura pas compris à quoi il peut lui servir.
- Lorsque vous montrez, montrez à quoi sert le produit, pas comment il fonctionne. Le public ne sera ni intéressé ni impressionné parce que vous avez 1 million de lignes de code en php ou parce que vous intégrez un disque de 20Go. Par contre il veut absolument savoir à va lui servir votre produit.
- Démontrez votre crédibilité par la solidité de vos réalisations plus que par des titres ou des expériences passées. Avoir fait un MBA n’est, jusqu’à preuve du contraire, absolument pas un gage de réussite dans l’entrepreneuriat. Avoir développé un bon produit et être capable de le vendre est bien plus convaincant.
- Éliminez le superflu. Beaucoup de personnes pensent qu’il est impossible de présenter son produit en 6 minutes. C’est pourtant largement suffisant pour un panel d’investisseurs ou pour un jury pour se faire une opinion sur votre produit et surtout sur vous. Pour réussir une bonne présentation en 6 minutes, il est indispensable d’éliminer tout ce qui n’est pas essentiel. Ne racontez pas la biographie complète de chaque membre fondateur. Ne perdez pas de temps à expliquer les détails techniques du produit ; un investisseur aura tout le loisir de vous poser ces questions après, mais il ne le fera que si votre pitch l’a convaincu.
Conclusions
La meilleure démo du monde ne pourra pas sauver un produit médiocre ou pour lequel il n’y a pas de marché. À l’inverse sans pitch convaincant vous n’obtiendrez probablement jamais ni financement ni clients. C’est pourquoi cette qualité est essentielle pour tout entrepreneur.
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Quels contextes pour être plus productif ? [La minute GTD]
Note : cet article nécessite de bien connaître GTD et ses principes.
Dans l’article précédent, j’ai expliqué les différents types de contextes existants. Maintenant, il ne répond pas à la question essentielle : quels sont les contextes adaptés à ma manière de travailler ? Quels contextes peuvent réellement me rendre plus productif ? Voici quelques clés qui ont bien fonctionné pour moi.
Comprendre comment vous pouvez regrouper vos tâches pour être plus efficace. C’est typiquement le cas des courses. Si vous avez regroupé tout ce que vous devez acheter dans un contexte @courses, cela vous évitera de ressortir plusieurs fois et vous fera gagner beaucoup de temps.
Réduire les interruptions et les distractions. Plusieurs études démontrent que la capacité de faire plusieurs choses en même temps est un mythe : le temps nécessaire pour se concentrer de nouveau après avoir été dérangé est important, et on finit par tout faire de manière superficielle. Réduire les interruptions est donc un facteur important pour accroître la productivité et la qualité. Une source fréquente de distraction est l’email. En créant un contexte @email et en décidant de n’ouvrir sa messagerie électronique qu’un nombre limité de fois par jour, on réduit automatiquement le temps perdu à jongler entre l’email et le document que l’on est en train d’écrire.
Identifier les ressources « rares ». Par exemple si vous avez votre ordinateur en permanence avec vous, ce n’est pas une ressource rare. Avoir un contexte @ordinateur va donc être une source de problèmes car il entrer en permanence en conflit avec les autres. Si par contre vous avez un ordinateur auquel vous n’accédez qu’une heure ou deux par jour, ce contexte peut être pertinent. Les autres ressources rares sont par exemple un endroit précis (La Poste, le supermarché), une personne en particulier,
Réserver du temps à ce qui est réellement important. Dans le feu de l’action on court le risque de ne faire que des tâches urgentes et de laisser de côté ce qui est réellement important pour le long terme. Les conséquences de cette approche risquent de conduire à un échec ou à un « burnout ». Les contextes peuvent donc nous obliger à réserver du temps à ce qui est important. Par exemple, vous pouvez définir un contexte @faire pour tout ce qui est travail classique, mais vous réserver un contexte @brainstorming pour créer et réfléchir.
Au final, les contextes ne sont qu’un outil pour vous aider à vous organiser. Mais s’organiser, c’est comme arrêter de fumer : 90% de l’effort est dans la tête, et il est inutile de passer son temps à essayer des tas de contextes différents sans travailler sur les raisons de fond qui nous font tout remettre à demain.
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Quelques liens pour le vendredi
Voici quelques sites que je vous invite à visiter si le cœur vous en dit.
Séoul
Vous connaissez peut-être déjà le site entre France et Corée. Jérôme est Marié à une Coréenne et il adore ce pays ; d’ailleurs, assez paradoxalement, il le connaît bien mieux que moi qui y suis né.
Il a réalisé une superbe carte postale multimédia sur Séoul pour TV5, qui dresse le portrait de 12 séouliens et retrace 24 heures dans la ville. Si la Corée vous intéresse, je vous invite à visiter son travail sur www.tv5monde.com/seoul
Jérôme est présent sur twitter @noodlesninja
Mon interview sur le site de Dominique Dufour
Dominique est un grand spécialiste de la gestion de communautés. Il y a un bout de temps, il a publié une interview de moi sur son blog du freelance (bien que techniquement je ne sois pas vraiment Freelance). J’y parle de 3 de mes livres préférés et de mes conseils pour les entrepreneurs qui se lancent.
Twitter : @blog_communauté
Et mon autre interview sur le site de Christophe Lauer
Christophe est un vrai « connecteur » : il connaît tout le monde, tout le monde le connaît, et il est incroyablement efficace pour créer des opportunités en mettant en relation les personnes de son réseau. Il a récemment publié une interview de moi (ben oui, encore). Cette fois je donne quelques conseils pour vous aider à préparer vos présentations et à réussir vos interventions lors de conférences.
Twitter : @clauer
Phil Presents
Enfin pour terminer, je vous annonce la naissance d’un nouveau site sur les présentations. Phil Presents est un peu particulier, car il est animé par mon associé, Phil ; anglais d’origine, c’est naturellement qu’il blogue dans la langue de Shakespeare. www.philpresents.com.
Vous pouvez suivre Phil sur twitter @philpresents.
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TEDx Paris
Note si vous ne connaissez pas TED : c’est une célèbre conférence qui a été créée en Californie il y a un peu plus de 25 ans. Elle est aujourd’hui la référence en termes de qualité, aussi bien au niveau de la préparation que de la qualité des intervenants. Vous pouvez visiter le site ici.
Autant le dire tout de suite : TEDx Paris, c’était nul. C’était nul avant l’événement de samedi dernier (30 janvier), qui lui a placé la barre très haut pour les autres conférences. Je n’ai simplement jamais assisté en France à un événement dont la qualité moyenne des intervenants était aussi élevée. À côté de TEDx, les tables rondes de l’université d’été du MEDEF ressemblent à l’animation du samedi après-midi de la maison de retraite locale.
Cette conférence a démontré trois points essentiels pour la réalisation de bonnes présentations.
1. Il y a une corrélation entre la qualité des visuels et la qualité de l’orateur. Les meilleurs orateurs ont utilisé des visuels simples et très concrets. Ainsi Christophe Galfar a réussi à expliquer ce qu’était un trou noir supermassif à une assemblée hétéroclite, simplement en montrant à quoi cela ressemblait. À l’inverse, les interventions les plus confuses s’appuyaient sur des slides peu structurés et remplis de jargon technique.
2. Les meilleures histoires apportent de l’émotion. L’histoire d’Adolfo Kaminski, racontée par sa fille Sarah, a ému toute la salle (voir la vidéo ci-dessous). Elle a d’ailleurs eu droit à une standing ovation du public. Un autre moment fort a été la conclusion de Cyrille de Lasteyrie, alias Vinvin, dont l’humour a apporté une bonne dose d’énergie positive.
3. Être célèbre ne suffit pas. Les meilleures interventions n’ont pas été réalisées par les personnes les plus connues du grand public, au contraire. D’une part l’attente créée par leur notoriété joue en leur défaveur, et d’autre part les célébrités ont tendance à moins préparer leur intervention que les autres. Dans une conférence du niveau de TEDx, cela se voit.
Un souhait pour la prochaine édition
J’ai un souhait à formuler auprès des organisateurs : c’est d’avoir plus de temps disponible pour réseauter et discuter avec les autres participants de la conférence. Une soirée pour poursuivre les discussions serait la bienvenue, même si l’effort consenti par l’équipe, qui rappelons-le est constituée de bénévoles, est déjà colossal.
Conclusions
Je le répète : TEDx a placé la barre très haut pour les autres conférences en France, et je les remercie encore d’avoir réussi le tour de force d’apporter l’esprit de TED en France. Les vidéos des interventions vont être mises progressivement en ligne sur le site de TEDx et de TED. C’est une excellente source d’inspiration pour vos propres présentations.


