Pierre Morsa

Management et productivité

Réaliser une présentation : introduction

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Il paraît que la peur de parler en public est ce que nous craignons le plus, plus même que de mourir. C’est fortement exagéré. Si quelqu’un pointait un pistolet chargé dans mon dos, je suis sûr que je trouverais le moyen de parler sans problème.

Je ne suis pas né avec le talent de présentateur, au contraire. Je suis par nature plutôt avare de mots, et m’exprimer en public était un exercice que je redoutais, et que j’essayais d’éviter à tout prix. Mais heureusement je n’avais pas à me résigner à cet état de fait. C’est pourquoi j’ai commencé à chercher ce qui se faisait de mieux pour devenir un bon présentateur. Et ce faisant j’ai fait trois découvertes capitales.

Ma découverte la plus importante est que contrairement à une croyance fortement ancrée on ne naît pas présentateur, on le devient. Bien sûr, certaines personnes ont des prédispositions, mais tous les bons présentateurs ont travaillé des heures et des heures pour arriver à avoir l’air naturel face au public. Les journalistes du JT, les hommes politiques, les présentateurs vedettes, tous sont coachés pour devenir de bons communiquants.

Ma deuxième découverte est que pour s’améliorer, ce qui compte le plus est d’avoir l’état d’esprit adéquat. Voici quelques trucs qui m’ont aidé à progresser plus rapidement.

  • Un pas à la fois. Pas besoin de se mettre la pression. La première chose à accepter est que devenir un bon présentateur prend du temps et demande de la patience. Peu importe la vitesse à laquelle vous progressez. Ce qui compte, c’est d’avoir la volonté à chaque fois de progresser.
  • Acceptez-vous en tant que présentateur tel que vous êtes. Nous avons tous des défauts. Les meilleurs présentateurs ont des défauts ; les nerfs qui lâchent, les tics nerveux, etc. Dites-vous “Je ne suis pas le meilleur présentateur du monde. Et alors ?”.
  • Restez vous-même. Une des erreurs les plus fréquentes est d’essayer d’adopter le style de présentation de quelqu’un d’autre que nous trouvons bon. Lorsque nous faisons cela, nous apparaissons automatiquement comme jouant un personnage. Les messages que nous passons sont moins crédibles car ils semblent venir de ce personnage, et non de nous.
  • Entraînez-vous dans des contextes sans risque. Profitez de discours sans enjeux pour essayer les nouvelles techniques que vous aurez apprises, par exemple des présentations devant des amis. Si vous essayez d’appliquer les techniques apprises directement dans un contexte risqué cela va augmenter votre stress, ce qui va influencer négativement sur votre présentation et par conséquent risque de vous décourager.
  • Considérez chaque amélioration comme une victoire. Chaque pas dans la bonne direction, même s’il vous semble minime, est en réalité beaucoup plus important qu’il n’y paraît.
  • Ne vous en faites pas si parfois le résultat n’est pas aussi bon que celui que vous espériez. Cela arrive à tout le monde. Ce sera l’occasion de vous améliorer pour la prochaine fois.

Enfin, ma troisième découverte est que pour réaliser une bonne présentation utilisant les supports utilisées en entreprise (autrement dit des slides) il faut travailler sur trois éléments de base, comparables à ce qui se fait pour un film ou une pièce de théâtre :

  • L’histoire que vous allez raconter est le coeur de votre présentation. La clé de voûte. La pierre angulaire. La fondation. La raison d’être. C’est exactement la même chose que pour les films. Les meilleurs acteurs et les meilleurs effets spéciaux ne peuvent sauver une mauvaise histoire.
  • Le talent oratoire et le jeu d’acteur du présentateur est le deuxième point clé d’une bonne présentation.
  • Enfin, la mise en scène et ses accessoires. Pour les présentations d’entreprise, les slides sont les accessoires les plus couramment utilisés.

Les slides sont les accessoires d’une présentation. On ne devrait donc pas leur accorder la priorité. Or quel est le processus typique de préparation d’un présentation en entreprise ?

  • Superboss envoie un mail à Boss pour lui dire qu’il doit présenter quelque chose au prochain comité dans deux semaines.
  • Boss ne fait rien.
  • Au bout d’une semaine, il se souvient qu’il doit faire une présentation. Il se dit qu’il a encore le temps. Né anmoins Boss convoque le premier employé auquel il pense. Il lui donne une vague explication de 10 minutes sur ce qu’il veut. Au bout des dix minutes, il coupe court à la discussion car il a d’autres choses plus importantes à faire.
  • Employé se rue sur son ordinateur, lance PowerPoint et commencer à rédiger des dizaines de bullet points sur des dizaines de slides. Si le brief n’est pas clair, autant essayer de rassembler le maximum de contenu, Boss n’aura qu’à choisir les slides qu’il veut.
  • Au bout de 50 slides, Employé se dit qu’il a assez gratté, et puis il ne comprend toujours pas exactement ce que veut Boss. Il envoie ses slides à Boss et attend son retour.
  • Boss laisse moisir (mûrir ?) les slides dans sa boîte aux lettres pendant 3 jours, se souvient le jour avant qu’il doit présenter un truc le lendemain, panique, ouvre la présentation, lit les 50 slides de bullet points en 10 minutes, demande des dizaines de modifications pour dans une heure à Employé. Tout le monde commence sérieusement à stresser pour demain.
  • Employé fait les modifs, les envoie à Boss qui entretemps a de nouveau oublié qu’il avait une présentation le lendemain.
  • Le jour même, Boss se rappelle à nouveau qu’il a une présentation. Il ouvre les slides modifiés, s’énerve, modifie rapidement l’ordre des slides 10 minutes avant la présentation et se rue dans la salle de présentation.
  • A la fin de sa présentation, personne n’a vraiment écouté, personne n’a vraiment été convaincu. Heureusement tout le monde dort les yeux ouverts. Et puis les autres présentations n’étaient pas meilleures.

En résumé, plus de 90% du temps aura été passé à rédiger des bullet points sur des slides. Plus de 90% du temps aura été passé sur l’accessoire, au détriment de l’histoire et de la préparation du présentateur. C’est pour cette raison que tant de présentations en entreprise apportent ce que les Américains appellent “la mort par PowerPoint”.

C’est pour éviter cet écueil et remettre l’accent sur l’histoire et sur la préparation du présentateur que je vous propose une méthode différente. Celle-ci se divise en 5 étapes :

  • Le brief
  • La construction de la présentation
  • La répétition
  • La préparation du lieu
  • L’exécution

Le prochain article abordera la première étape de la préparation d’une présentation : le brief.

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  1. […] Note : cet article est la suite de réaliser une présentation : introduction […]

  2. […] Introduction […]

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