Archives pour octobre, 2008
Transformer un cahier Moleskine en machine GTD [La minute GTD du vendredi]
Dans les premiers articles de la minute GTD, nous avons revu les quelques grands principes indispensables pour s’organiser. Les deux dernières semaines étaient consacrées à la revue des outils GTD, avec à l’honneur Omnifocus pour Mac et Outlook combiné à Jello Dashboard pour PC.
Cette semaine, nous nous attaquons à un outil allégé à 0% en matières technologiques grasses. C’est également le moins cher, celui qui tombe le moins souvent en panne et qui est le plus écologique. Et puis franchement, ça a nettement plus la classe qu’un bête iPhone. Cet outil magique, c’est un bon vieux cahier en papier agrémenté d’intercalaires Post-It.
Les ingrédients de la recette sont simples :
- Un cahier Moleskine, de préférence de taille moyenne et ligné
- Des tabs Post-It
- Un crayon ou un bic (je préfère personnellement le crayon)
Un petit aparté pour découvrir le cahier Moleskine
Les carnets Moleskine sont devenus à la mode grâce à une astuce marketing : l’histoire de l’écrivain Bruce Chatwin qui ne pouvait plus se procurer ses petits cahiers préférés parce que le fabricant avait cessé de les fabriquer. Heureusement, la marque Moleskine était là pour reprendre le flambeau et fournir aux créatifs en herbe le même type de carnets que ceux utilisés par Picasso et Ernest Hemingway. Bon, il faut savoir que c’est du pur blabla marketing puisque la marque n’existait pas encore à l’époque des artistes mentionnés.
Néanmoins les cahiers fabriqués sont certes un peu chers mais offrent des petits détails qui font la différence ; le papier est de très bonne qualité et un marque page est inclus avec chaque cahier. Les dernières pages sont en général détachables. Et il y a une petite pochette à soufflet très pratique à l’intérieur de la couverture arrière. C’est d’ailleurs là que je cache mon pass Navigo, ce qui m’évite de devoir sortir mon portefeuille à chaque entrée dans le métro.
Quelques exemples des cahiers que j’utilise : trois cahiers petit format, un à aquarelle, un de pages blanches et un pour storyboard (celui qui est ouvert), et un cahier ligné moyen format. Il existe des dizaines de modèles, visibles sur le site du fabricant. Pour cet article j’ai utilisé le cahier ligné moyen format (environ 20 x 13 cm).

Relooking extrême

En soi, le carnet est bien foutu, mais il ne convient pas particulièrement à la méthodologie GTD. Pour le transformer en machine de productivité personnelle, nous devons pratiquer une greffe d’intercalaires Post-It.
Ce n’est pas particulièrement compliqué. Nous allons utiliser une série de tags pour les zones GTD standard : Inbox, Peut-être un jour et Référence. Ensuite nous prévoyons une deuxième série pour les projets et enfin une série pour les contextes.
Normalement, après la greffe notre cahier GTD ressemble à ça (on ne voit pas les onglets des projets et des contextes car ils sont derrière les onglets de la première rangée).

Comment l’utiliser ?
Dans la zone Inbox, vous allez pouvoir noter en une fraction de seconde tout ce qui vous passe par la tête pour ne rien oublier. Déjà, c’est beaucoup plus rapide que sur un ordinateur.
La zone référence va vous servir pour noter des informations utiles que vous souhaitez garder pour plus tard : un numéro de téléphone, l’horaire de trains, etc.
Enfin, dans la zone Peut-être un jour, vous allez noter les idées ou les tâches qui vous passe par la tête mais que vous ne souhaitez pas réaliser à court terme.
Organiser par projets
Dans cette section, l’objectif est d’identifier de la manière la plus exhaustive possible les tâches à effectuer pour chaque projet défini. Il vaut mieux avoir un projet “Divers” pour caser toutes les tâches qui ne sont liées à aucun vrai projet (pour rappel, dans la méthodologie GTD un projet est un but qui demande plus d’une tâche pour être atteint).
Faire par contexte
Une fois les tâches identifiées de manière exhaustive pour chaque projet, il faut leur affecter un contexte. La méthode la plus simple est de passer en revue les projets chaque soir de la manière suivante :
- Barrer les tâches qui ont réellement pu être effectuées durant la journée.
- Identifier, pour chaque projet, les tâches qu’on souhaite faire le lendemain et leur affecter un contexte. Le plus simple est de noter, dans le projet, pour chaque tâche, le contexte affecté.
- Reporter ces tâches dans l’onglet contexte correspondant.
L’image ci-dessous montre un exemple de projet (désolé pour la qualité du scan, je n’ai pas eu le temps de le refaire, je l’améliorerai dès que possible) : il contient des tâches auxquelles on a affecté un contexte (on le voit parce que elles sont suivies de @maison, @ordi, …) et des tâches qui n’ont pas encore été reportée dans un contexte. Les tâches réalisées sont simplement barrées.

Le lendemain, il suffira de regarder la liste de tâches à effectuer en fonction du contexte dans lequel on se trouve, puis de répéter la routine de revue des projets en fin de journée.
Ce processus demande un peu plus de travail qu’une solution électronique, mais a le grand avantage d’être très très simple à mettre en oeuvre. De plus, il respecte de manière stricte deux autres principes clés de GTD :
- Il vous force à effectuer une revue régulière de vos projets.
- Il permet de se focaliser uniquement sur les actions à réaliser immédiatement, ce que David Allen appelle les “Next Actions”.
Conclusions
Il est donc bien possible, pour moins de 20 €, d’avoir un système 100% GTD, simple et surtout qui ne tombe jamais en panne. Chaque cahier Moleskine contient même une zone pour mettre son adresse en cas de perte du carnet.
Cette solution conviendra bien aux personnes qui veulent un système solide et fiable. Le plus fort, c’est qu’après avoir écrit cet article, j’ai envie d’utiliser l’outil GTD Moleskine !
Evidemment, le papier ne permet pas de faire certaines choses que permet une solution électronique : pas de système de rappel automatique d’échéance des tâches, pas de nettoyage des anciennes tâches et lorsqu’on arrive au bout des pages blanches il faut reporter ses projets dans un nouveau cahier. Cela n’arrive heureusement pas très souvent.
Enfin, si vous êtes arrivés jusqu’à la fin de cet article, ce n’est pas en vain, car il y a un carnet Moleskine ligné à gagner à la clé. Celui qui devinera le nombre de commentaires postés sur cet article entre aujourd’hui et vendredi prochain avant midi gagnera le carnet. Votre participation est à entrer sous forme de commentaire. Un seul commentaire par jour accepté par personne. En cas d’ex-aequo, le premier à avoir trouvé gagne. Si je n’ai pas de réponse exacte, la personne la plus proche du bon chiffre gagnera le carnet. Devinez juste !
31 commentsComment renverser une situation désespérée : trois histoires vécues
Cet article est publié dans le cadre de l’édition de novembre de l’événement à la croisée des blogs, que j’ai le plaisir d’organiser.

Pour aborder le sujet “comment renverser une situation désespérée”, je vous propose de partager trois histoires réelles qui me sont arrivées au cours de ma vie, et les leçons que j’en ai retirées. J’ai appelé ces histoires :
- La chance sourit aux audacieux
- Comme un troupeau de buffles
- La mort au bout du fil
Histoire 1 : la chance sourit aux audacieux
Nous sommes en septembre 2008. Le week-end s’annonce bien ; samedi je dois prendre l’Eurostar de Paris gare du Nord direction Londres pour aller voir des amis. Dimanche matin, je prévois de revenir en France pour embarquer dans un avion direction Nice.
Le jeudi soir, accoudé à table, je ne fais pas attention au bulletin d’informations qui annonce qu’il y a eu un incendie dans le tunnel sous la manche. Après tout, il y a juste quelques voyageurs légèrement blessés. Ce n’est que le lendemain, alors que je suis en train de travailler, que je reçois un SMS d’un ami qui est déjà à Londres et qui me demande comment je vais faire pour venir, car le trafic Eurostar est totalement bloqué dans les deux sens.
Petit coup de stress. Je dois absolument être à Londres samedi. Je me rends sur le site Eurostar, que je trouve très bien fait car il propose une information en temps réel :
“Le tunnel est actuellement fermé dans les deux sens. Nous ne sommes pas en mesure de dire quand le trafic pourra reprendre. De nouvelles informations seront communiquées dans la soirée”
Je regarde le prix d’un billet d’avion pour Heathrow, 900 Euros ! Même si j’aime beaucoup mes amis en Angleterre, c’est vraiment trop cher. Dans ce genre de situation, on passe toujours par une phase d’élaboration de solutions totalement improbables. Mais que ce soit en ferry, en hélicoptère, à la rame ou à pied, aucune alternative n’est viable. La veille du départ à 23h, le site internet Eurostar annonce toujours ça :
“Le tunnel est actuellement fermé dans les deux sens. Nous ne sommes pas en mesure de dire quand le trafic pourra reprendre. De nouvelles informations seront communiquées dans la soirée”
Bon décidément il n’est pas si bien fait que ça ce site. Il leur reste 1h pour que dans la soirée ne devienne pas au petit matin. Je décide d’attendre le lendemain pour prendre ma décision.
Samedi. Mon réveil sonne à 6h. Automatiquement je me lève, je réveille le Mac (j’envie mon ordi qui est toujours prêt à travailler trois secondes après s’être réveillé) et vais voir ce qu’annonce le site Eurostar. Ce site c’est vraiment n’importe quoi, il affiche fièrement :
“Le tunnel est actuellement fermé dans les deux sens. Nous ne sommes pas en mesure de dire quand le trafic pourra reprendre. De nouvelles informations seront communiquées dans la soirée”
S’il y avait moyen de filer des coups de pied au derrière par ADSL, j’en enverrais bien un au Webmaster d’Eurotunnel. Comme ce n’est pas possible, j’en suis réduit à espérer que sa machine à café est en panne. Je sais, c’est mal. Y a pas à dire, l’information en temps réel reste un mythe. Finalement, en cherchant un peu sur le site de la SNCF, je trouve un message qui annonce une lente, très lente reprise du trafic.
Que faire ? Je décide de tenter ma chance et je me rends à la garde du Nord. C’est de cette première action positive que découlent tous les événements positifs qui vont suivre.
Une bonne et une mauvais nouvelle en arrivant à la gare : l’Eurostar recommence à circuler, mais mon train a été annulé, je vais devoir prendre le suivant. Je prends place dans la file d’au moins trois cent voyageurs face du comptoir Eurostar. Dix minutes plus tard, ça a avancé de 3 personnes. Le courage stoïque que l’on ressent durant les deux premières minutes d’attente commence à faire place à l’énervement. Quand tout d’un coup un employé me signale qu’il y a une autre file 10 mètres plus loin. Je m’y rends, et là, miracle, personne ! Encore plus incroyable, la personne de l’accueil valide mon billet pour l’horaire prévu initialement. Alors que cinq minutes plus tôt il ne me restait plus aucune chance, me voilà confortablement assis dans le train, direction Londres et à l’heure. Je raterai finalement mon avion pour Nice le dimanche, mais ce sera sans conséquences car j’embarquerai dans le suivant.
Est-ce la chance qui m’a permis de renverser cette situation à priori perdue ? Je ne crois pas. C’est le fait d’avoir osé. Si j’avais baissé les bras avant même d’aller à la gare, je n’aurais jamais pu réussir mon week-end.
Histoire 2 : comme un troupeau de buffles
Je remonte maintenant en 2001. A l’époque je travaillais pour un grand intégrateur, et je gérais une petite équipe parmi beaucoup d’autres en charge de la refonte des applications de gestion d’un Client. Il était 17h, nous avions une démo à réaliser pour le lendemain et rien ne fonctionnait, alors que les équipes avaient déjà travaillé jour et nuit pendant plusieurs semaines. Le niveau de stress dans la pièce était tellement haut qu’on aurait pu voir la tour Eiffel en montant dessus. Si nous annulions la démo le projet risquait d’être remis en cause. Alors nous nous sommes dit “on va y arriver”. Face à l’échéance du lendemain matin, nous avons attaqué les problèmes restant un à un. Et petit à petit, le stress négatif s’est transformé en stress positif, celui qui donne l’énergie d’avancer. Un morceau s’est mis à fonctionner, puis un autre, et encore un autre. Nous avons poursuivi nos efforts toute la nuit et à 8h du matin, une demi heure avant l’arrivée du Client, l’application fonctionnait ! La démo fut un succès et permit de poursuivre le projet. Inutile de décrire la joie et la satisfaction d’une équipe éreintée mais heureuse d’avoir accompli ce qui semblait impossible.
Cependant, quelques mois plus tard, parmi les équipes, certains finirent par craquer, par tomber malade ou par abandonner. Les conséquences humaines de ces efforts furent très lourds. Ce n’est qu’après l’arrêt du projet que j’ai compris que nous étions comme un troupeau de buffles qui charge ; pris dans notre propre mouvement, nous n’avons pas remis en cause notre objectif, nous avons foncé tête baissée sans prendre le temps de regarder ce qui se passait autour de nous.
Cette expérience m’a appris énormément. Avant d’investir une énergie énorme dans une tâche pour obtenir un succès éphémère, il faut s’assurer que l’investissement en vaudra la peine sur le long terme. De plus ce genre de situation fait souvent des dommage collatéraux ; comme lorsqu’une Nation refuse de capituler alors qu’il lui est devenu impossible de gagner la guerre, ce sont les innocents qui paient le plus lourd tribu. J’ai appris que savoir s’arrêter plutôt que de continuer à tout prix est la preuve d’une grande sagesse et d’une vraie humanité.
Histoire 3 : la mort au bout du fil
La troisième histoire remonte encore plus loin, aux années 90. Les conséquences des deux précédentes histoires auraient pu être gênantes si la situation n’avait pas été redressée, mais dans cette dernière histoire, un échec aurait signifié la mort. Pourtant, tout démarrait bien. Après un barbecue avec mon club d’escalade, nous avions décidé de grimper sur une tour de télécommunication et de descendre en rappel en pleine nuit, juste pour nous amuser (note pour les Liégeois : c’est la tour du Bol d’Air).
Arrivés au pied de la tour, nous débarquons le matériel. Les baudriers pour nous attacher, une grande corde de 9mm, des “8″ pour assurer la descente. Nous franchissons le grillage de sécurité, avec le plaisir lié à l’impression de faire quelque chose d’interdit mais sans conséquence grave.
Dans la nuit, nous montons un à un les escaliers qui mènent à la passerelle, 30 mètres plus haut. Nous attachons la corde solidement, pas de risque de ce côté. Nous prenons soin de vérifier qu’elle arrive jusqu’en bas. De plus, nous sommes tous des grimpeurs chevronnés, nous maîtrisons donc parfaitement les consignes de sécurité. Vient la question qui se pose à ce moment : qui passe en premier ? Je me porte volontaire, comme ça je pourrai vérifier que tout est bien pour les suivants.
Je passe la corde dans le 8, que j’attache à mon baudrier, et je commence à descendre. Et là, je me rends compte tout d’un coup qu’il y a quelque chose qui cloche. Suspendu dans le vide, je devrais pouvoir contrôle ma descente sans effort simplement en tirant légèrement sur la partie libre de la corde. Pourtant, ça ne freine pas, ou vraiment très peu, je dois tirer sur la corde comme un forcené pour ne pas commencer à descendre à toute allure et m’écraser en bas. Avec une acuité surprenante, je me rends compte que dans ces conditions je n’arriverai jamais vivant jusqu’en bas. Je n’ai fait que deux mètres sur trente, et j’ai déjà du mal à tenir la corde. Impossible de revenir en arrière.
Ce moment fait partie de ceux dont on se souvient toute sa vie. Je revois la corde qui s’enfonce dans le noir, 30 mètres plus bas. Le sol est trop loin pour pouvoir être éclairé avec la lampe. Le vent a fait dévier légèrement la corde dont une partie est accrochée à une poutrelle sur le côté de la tour. Le groupe en haut ne se rend pas compte que quelque chose cloche, ils me regardent descendre en souriant et en blaguant entre eux. Je peux sentir l’adrénaline qui s’écoule dans mon corps. Je suis dans une situation totalement désespérée et pourtant je garde la tête incroyablement froide, c’en est irréel.
Si j’avais été dans un film de Tarantino, il y aurait eu un gros méchant qui aurait dit un truc du style “tu vas nourrir les vautours, Gringo”. J’aurais répondu “il n’y a pas de vautours en Belgique”, puis j’aurais fait des mouvements pas possibles genre trois pirouettes pour me retrouver de nouveau sur la plate-forme en tenue jaune seyante avec un katana en main, prêt à affronter 200 ninjas mangeurs de chiens. Mais je suis pas dans un film, et ce que je me dis ressemble plutôt à “p*** trouve une solution”.
Mes mains commencent déjà à lâcher tout doucement. Alors je me souviens de ces cours de gym à l’école ou j’apprenais à monter à une corde fixe. Je me souviens que la technique consiste à bloquer la corde d’une manière bien particulière entre ses pieds. J’attrape la corde en dessous de moi avec mes chaussures. Je la place et je la bloque. Tiendra ? Tiendra pas ? A ma surprise, je me rends compte que le passage de la corde entre mes pieds offre juste la friction nécessaire pour me maintenir sur la corde sans effort. Tout doucement, je recommence à descendre, et moins de trente secondes plus tard, je suis en bas, sain et sauf.
L’erreur que j’ai commise ? Le 8 offre deux positions, une grande pour les cordes de dix millimètres ou plus, et une petite pour les cordes de diamètre inférieur. Nous avions pris une corde de neuf millimètres et par réflexe j’avais laissé mon 8 sur la position dix millimètres. Un millimètre de différence qui change tout.
Depuis, je n’ai pas réessayé de descendre en rappel d’une tour. Mais j’ai appris à ne pas faire confiance aveuglément aux vieux réflexes, à vérifier les éléments en fonction du contexte dans lequel je me trouve. Et aussi que parfois seule la providence peut nous venir en aide.
Epilogue
Qu’ai-je retenu de ces différentes situations désespérées que j’ai pu renverser ? J’ai compilé ici quelques éléments qui m’ont aidé à m’en sortir :
- Qui ose, gagne. Comme disent les anglais, “who dares wins”.
- Etre là où ça se passe. Je n’aurais rien pu faire si j’étais resté assis chez moi au lieu de me rendre à la gare.
- Vérifier que ça en vaut la peine. Dépenser toute son énergie pour réussir un coup d’éclat, c’est bien, mais si c’est pour échouer deux mois plus tard, cela n’en vaut pas la peine.
- C’est la solution qui compte. Une fois le problème connu, il vaut mieux consacrer son énergie à la recherche d’une solution plutôt que de ressasser sans cesse le problème.
- Chercher des coupables peut satisfaire un esprit de vengeance mais ne solutionne rien. La solidarité et l’esprit d’équipe sont bien plus importants pour continuer à avancer dans des situations difficiles.
- Plus de la même chose ne résout en général pas une situation désespérée. Si j’avais serré les mains plus fort autour de la corde, cela n’aurait servi à rien. Trouver une façon différente de me ralentir a été ce qui m’a sauvé.
- Agir au bon endroit. Le fait d’avoir choisi de me freiner avec les pieds a été bien plus efficace et m’a demandé beaucoup moins d’énergie que de me freiner avec les mains.
- Se mettre une contrainte peut aider. Avoir une contrainte de temps peut nous forcer à être beaucoup plus créatif et à trouver des solutions plus efficaces.
- Ne pas faire confiance aux vieux réflexes. 1 millimètre de différence, et tout peut être remis en question.
Et vous, qu’est-ce qui vous a aidé à vous sortir de situations désespérées ?
9 commentsTop 3 du développement personnel pour la semaine du 24 octobre 2008
Comme vous le savez, je fais partie de la communauté des blogueurs francophones du développement personnel. Forte de plus de 60 membres, elle nous permet d’échanger nos points de vue et de comparer nos idées. Chaque semaine, je vais donc vous faire découvrir 3 blogs, à travers des articles qui m’ont paru particulièrement intéressants dans la communauté.
Je commence par l’excellent blog de Laurent Dureau, qui publié un très bon article sur comment réagir face au manque d’argent.
Sur Architecte et marketing, Laurent Brixius nous fait partager sa découverte du logiciel Personal Brain, qui l’a aidé à booster sa productivité et sa créativité.
Enfin, Boréale décrit son expérience du sommeil polyphasique. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une méthode qui permet de dormir 4 heures par jour, mais qui est très contraignante (siestes de 20 minutes durant la journée à horaires fixes, etc.).
3 commentsOutlook + Jello Dashboard = Getting Things Done [La minute GTD du vendredi]
Comme promis, après la découverte d’Omnifocus pour Mac, je m’attaque cette semaine à la mise en place de GTD avec Microsoft Outlook pour PC.
Le problème d’Outlook, c’est que ce programme n’est pas fait pour supporter la méthodologie GTD. Mais alors, pas du tout. En particulier, il n’y a ni notion de contextes ni de projets. J’ai donc fait une recherche sur internet, et la solution préconisée est d’installer un petit programme appelé Jello.Dashboard, qui vient enrichir les fonctionnalités de base d’Outlook en lui ajoutant un “workflow” compatible avec GTD.
Pourquoi avoir choisi Outlook ?
J’aurais pu commencer ma revue des outils PC par une application dédiée, comme tudumo, mais beaucoup de lecteurs m’ont fait part de leur souhait de vouloir implémenter GTD dans Outlook. Après tout, c’est un des outils les plus utilisés en entreprise, et certains utilisateurs y passent même leur vie.
Installer Jello.Dashboard
La procédure d’installation est typique de Windows. Il faut lancer un programme d’installation puis cliquer next next next, ce qui nous mène à un écran vraiment moche dans lequel il faut cliquer sur les mots “click here” et enfin choisir le dossier Outlook dans lequel installer Jello ; pas le dossier sur le disque dur, mais celui dans l’arborescence interne à Outlook (voir capture d’écran). Le plus simple est de choisir le dossier racine.

Par défaut, la langue choisie est l’anglais, mais vous pouvez passer au français très facilement en vous rendant dans les paramètres.
Une fois Jello installé, allez sur le dossier dans lequel vous avez installé Jello.Dashboard.
Découvrir l’interface de Jello
L’espace de travail de Jello est découpé en trois grandes zones :
- Le menu de droite permettant d’accéder aux différents éléments : boîte de réception, contextes, projets, etc.
- La zone principale d’affichage des tâches ou autres éléments
- La barre du haut qui reprend quelques commandes, en particulier l’accès aux paramètres et à la documentation.

Configurer ses projets et ses contextes
Pour créer un projet, accédez au menu “Projets” dans la barre à droite. Si nécessaire, dépliez la vue en cliquant sur le “+”, puis cliquez sur “Créer”, et entrez le nom du projet que vous voulez ajouter.

Il n’est malheureusement pas possible de définir une hiérarchie. Une fois que vous avez défini votre liste de projets, cliquez sur Gérer pour accéder aux options de configuration des projets.

Une option va ravir les acharnés du classement en dossiers et sous-dossiers : vous pouvez définir un dossier par défaut pour un projet. Lorsque vous recevrez un nouveau courrier et que vous l’affecterez à un projet, le courrier ira automatiquement se ranger dans le dossier par défaut du projet.
Enfin, vous pouvez également définir un contexte par défaut pour les tâches d’un projet.
La définition des contextes suit exactement la même logique que pour les projets, avec les mêmes avantages et les mêmes limitations.

Renseigner les tâches
Il existe plusieurs façons d’ajouter une tâche dans Jello.Dashboard, mais nous allons nous attacher à celle préconisée par David Allen : organiser les tâches par projet. Sélectionner un projet dans la liste de droite, puis cliquer sur “Nouvelle action” dans la barre du haut nous amène à l’écran suivant.

Vous pouvez donc créer une tâche, en lui affectant un projet et un contexte. Gros avantage de l’intégration, les tâches que vous créez dans Jello sont disponibles dans la liste des tâches standard d’Outlook.
Travailler par contexte
Pour travailler par contexte, il suffit de le sélectionner dans la barre de droite, et la liste complète des tâches à réaliser dans un contexte donné s’affichera.

Jello offre d’autres options pour filtrer les tâches. Vous pouvez ainsi vous limiter à l’affichage des prochaines actions, regarder les tâches non commencées, les tâches en attente, etc. Le mieux est de jouer un peu avec le logiciel pour comprendre comment utiliser ces options le plus efficacement possible.
Le plus simple, pour avoir une vue d’ensemble des tâches à réaliser, est de cliquer sur “liste principale” dans la barre du haut. La vue récapitulative affiche toutes les tâches par contexte et par projet.

Fonctionnalités supplémentaires
La page d’accueil permet de faire le lien entre GTD et deux autres services clés d’Outlook : le courrier électronique et le calendrier (cliquez sur Accueil dans la barre de droite pour y accéder). Ainsi la zone “boîte de réception” affichera les nouveaux e-mails au fur et à mesure de leur arrivée. Vous pourrez leur affecter un projet et un contexte, et si vous avez défini un dossier par défaut pour le projet, le mail ira automatiquement se ranger dans le dossier défini. La zone today affiche la liste des événements du calendrier.
Conclusions
Gratuit, pas trop compliqué à utiliser et respectueux des principes GTD, les raisons d’utiliser Jello ne manquent pas. Au nombre des reproches, j’ai rencontré un ou deux petits bugs (par exemple ne tapez pas de guillemets dans les noms de projet ou de contexte), et l’interface n’est pas aussi agréable à utiliser qu’un logiciel comme Omnifocus.
Jello n’est pas la seule rustine disponible pour transformer Outlook en un logiciel compatible GTD. Parmi ces solutions, on peut citer le GTD Outlook add-in, qui est l’extension officielle proposée par David Allen.
La semaine prochaine je présenterai la solution peut-être la plus simple : le papier et le crayon.
15 commentsAnalyse résumée des débats McCain – Obama et Palin – Biden
Tous les débats ont eu lieu entre les candidats à la Maison Blanche, John McCain et Barack Obama, et entre les candidats vice président, Sarah Palin et Joe Biden. D’ici peu de temps les Américains connaîtront le nom de leur nouveau président, un choix qui, en ces temps troublés, peut complètement changer la face du monde dans les prochaines années.
Initialement, je voulais analyser chaque débat comme le premier , mais cela s’est avéré inutile. En effet, après avoir regardé le face à face entre Sarah Palin et Joe Biden il n’y avait pas assez de matière pour écrire un article, j’ai donc préféré regarder les trois débats restants et faire un résumé global. Vous trouverez en fin de cet article un lien vers les vidéos complètes de chaque débat.
Encore une fois, l’objectif de ce blog est d’analyser les qualités d’orateur de chaque candidat, et d’apprendre de leurs forces et faiblesses. Je ne donnerai donc pas mon avis sur le contenu des programmes, sauf lorsque cela impacte directement l’efficacité de chaque candidat.
Un rappel sur le background de chaque candidat
John McCain avait la réputation d’être très bon lors de débats de type “town-hall”, qui était le format adopté pour le deuxième débat, et d’être un peu moins bon en débat en tête à tête. Les sondages le donnaient en retard après le premier débat, il devait donc trouver le ton juste pour rallier les indécis à sa cause.
Barack Obama, fort de son avance et de sa bonne prestation lors du premier débat, abordait les deuxième et troisième volets avec l’objectif de ne pas perdre cette avance. On verra comment il s’y est pris.
Sarah Palin était un vrai coup de poker pour McCain. Totalement inconnue du public, jeune, elle a tout de suite été mise sous pression par les média. Malgré cela, elle a ébloui lors de son premier speech à la convention Républicaine ; parfaitement préparée par les conseillers en communication républicains, elle a fait preuve d’une résistance au stress et d’une confiance en elle impressionnantes. Malheureusement, entre ce premier speech et le débat elle a réalisé de rares interviews avec le presse, qui se sont toutes transformées en fiasco pour elle. Incapable de donner le nom d’un journal qu’elle lit, donnant des réponses à côté de la plaque, elle a perdu en quelques jours tout le crédit qu’elle avait gagné. Les spectateurs attendait donc d’elle qu’elle n’échoue pas.
Joe Biden, son opposant était tout l’opposé. Vieux briscard de la politique au niveau international, il abordait le débat avec une réputation de débateur très expérimenté, mais prompt à en dire trop, donc de faire des gaffes. Les gens allaient donc faire particulièrement attention aux éventuelles bêtises qu’il aurait pu dire.
Les leçons des débats
Les débats, un exercice de plus en plus policé
Les débats sont porteurs d’enjeux énormes pour chaque camp. Aussi ceux-ci veillent à contrôler chaque petit détail pour limiter les risques. Les républicains ont ainsi exigé que le temps de réponse de Sarah Palin soit limité à 2 minutes (je vous laisse apprécier pourquoi), alors que les Démocrates ont été très attentifs au placement de chaque candidat.
Résultat ? Au final aucun débat n’était vraiment inspirant, et j’admets avoir eu des difficultés à les regarder de bout en bout. A chaque fois, les limites imposées et la peur de l’erreur ont fortement limité les émotions et les prises de risque de chaque candidat, rendant l’exercice assez monotone.
Une bonne apparence ne peut sauver un manque de fond
Et heureusement. Sarah Palin manquait cruellement d’expérience et de connaissances pour aborder le débat. Elle s’est limitée à des réponses préparées. Face à elle, Joe Biden a probablement réalisé le meilleur débat de sa vie. Le résultat a été sans appel. Durant un débat d’une telle importance, vous ne pouvez pas vous contenter de juste “ne pas échouer”, comme Sarah Palin l’a fait. Vous devez démontrer votre capacité à diriger un pays.
Si vous voulez gagner, vous devez comprendre vos électeurs…
…et leurs préoccupations. Lors du premier débat, la différence était flagrante, John McCain n’a pas parlé de la classe moyenne, alors que Barack Obama en a fait le centre de sa campagne. Pour pouvoir composer un message efficace, la première chose à se demander est “qu’est-ce qui empêche mon audience de dormir ?”
L’attaque destructive n’est pas une bonne stratégie
Beaucoup de commentateurs ont relevé que le camp McCain-Palin était toujours beaucoup plus à l’attaque que le camp Obama-Biden. La première idée est de ce dire qu’un candidat qui attaque est dominant et va donc paraître plus performant que son opposant. Pourtant ce ton agressif n’a pas du tout fonctionné pour John McCain. On pourrait penser que c’est un exemple isolé, mais ce n’est pas le cas, les exmples abondent ; cela n’a pas non plus marché pour Ségolène Royal dans son débat contre Nicolas Sarkozy, ni pour Al Gore face à George Bush, ni pour Ross Perot face à Al Gore ! Je pense qu’il y a plusieurs raisons :
- Cela dépend beaucoup de la réaction de l’adversaire que vous avez en face de vous : si celui-ci commence à accepter de répondre aux attaques et à se justifier, vous gagnez en étant agressif. Mais si celui-ci garde son sang-froid et répond de manière constructive, l’attaquant apparaît comme étant peu maître de ses émotions, alors que son adversaire montre qu’il est capable de faire face aux situations difficiles.
- Attaquer prend du temps, pendant lequel vous n’avez pas le temps de passer un message positif. Obama l’a bien compris, il a toujours utilisé son temps dans chaque débat à se focaliser sur son message positif.
Pour combattre les Spin Doctors, cherchez la vérité
Les Spin Doctors, ce sont ces conseillers en communication qui cherchent à présenter des faits de manière différente pour en tirer un avantage. Ainsi, l’événement de Joe le Plombier a beaucoup fait parler d e lui.
Durant le dernier débat, John McCain a joué la carte Joe le Plombier à fond. Mais malheureusement, ce coup de bluff n’a pas résisté à la réalité, qui était que Joe le Plombier n’était qu’un imposteur.
Face aux mensonges, la meilleure arme est la sagesse et l’honnêteté.
Dans trois ans, il ne restera que les messages avec émotions
Dans trois ans, nous aurons pratiquement tout oublié. Les seuls moments des débats dont nous nous souviendrons sont ceux durant lesquels nous avons ressenti une émotion. Le moment où Joe Biden a parlé de sa famille. Le moment où Sarah Palin a fait rire toute l’assemblée avec sa blague sur le Pitbull et le rouge à lèvres. Nous nous souviendrons des moments où Barack Obama a soulevé les foules, mais nous aurons oublié son message. Les paroles s’envolent, les émotions restent.
Notes sur le dernier débat McCain-Obama
C’était probablement le meilleur débat de McCain, et si ce débat avait été le premier cela aurait pu influencer les sondages en sa faveur. Malheureusement, c’était trop tard. De plus, le ton négatif de sa campagne a probablement fortement diminué la crédibilité de ses attaques durant le débat. John McCain a compris trop tard où se jouait la victoire. L’amérique a changé. Barack Obama, par sa candidature, a déjà changé beaucoup de mentalités.
Conclusions
Le vainqueur n’est pas encore connu. Cependant une majorité d’américains donne Obama gagnant. Les éléments clés qui ont fait pencher la balance en faveur d’Obama :
- Un ton positif durant toute sa campagne. Et cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé.
- Le manque de crédibilité de Sarah Palin, la co-listière de John McCain.
- Dès le début, il a compris que la victoire se jouerait sur l’économie. Il a repris le fameux slogan de la campagne de Bill Clinton “C’est l’économie, idiot !” (It’s the economy, stupid !)
- Les mauvais conseils prodigués à McCain par son équipe de campagne. John McCain aurait très bien pu conduire une campagne positive, en tant qu’homme, il a toutes les qualités requises pour le faire. Il a été victime de la culture de son parti.
Ce qui est sûr, c’est que suite à ces débats beaucoup de spécialistes de la communication vont devoir rénover leurs méthodes. Chaque camp va apprendre et analyser les résultats, et il sera très intéressant de voir l’évolution dans 4 ans. En attendant, Colin Powell, un des Républicains les plus respectés aux Etats-Unis, vient d’apporter son soutien au candidat Démocrate, Barack Obama. Cet événement suffit, à mon sens, à résumer le résultat des débats.
Annexe : les vidéos complètes de chaque débat
Premier débat :
Débat Sarah Palin – Joe Biden
Deuxième débat :
Troisième débat :
5 comments

