Archives pour février, 2009

Les TED Commandments (partie 1 de 2)

TED, un acronyme pour « Technology, Entertainment, Design » est un événement né à San Francisco en 1984, année rendue mythique par le roman de George Orwell et par la naissance du Mac (je me souviens toujours du dépliant publicitaire qui présentait les applications disponibles !) Petit à petit, TED a évolué pour devenir ce qu’il est aujourd’hui, la conférence la plus importante aux États-Unis, regardée par 3.5 millions de personnes dans le monde.

Inutile d’espérer acheter le droit de monter sur scène à TED. Les organisateurs choisissent les présentateurs sur base de critères très stricts, dont votre notoriéte, la puissance de vos idées et de vos convictions, et surtout ce que vous avez accompli dans la vie. Être invité à parler à TED, c’est un honneur auquel même quelqu’un comme Al Gore est sensible. Parmi les autres présentateurs célèbres, on peut citer Bill Clinton, Seth Godin et Richard Branson. Pour la France Yann Arthus-Bertrand et Philippe Starck.

Si être présentateur à TED vous confère une sorte de statut de demi-dieu, être spectateur est presque tout aussi difficile. Le processus est tout à fait particulier ; vous devez remplir un questionnaire dans lequel vous devez prouver que vous allez «enrichir» la conférence par votre présence. Sur base de ce questionnaire, les organisateurs décideront si pour la modique somme de 6000 dollars (oui oui, six-mille dollars) vous aurez le droit d’être parmi les spectateurs ou non. Et dans la salle tout le monde met son Ego de côté pour quelques jours au moins en apparence, car on côtoie des personnalités comme Bill Gates et des stars comme Cameron Diaz.

Si je vous parle de TED, c’est non seulement parce que cet événement est un exemple par la qualité de ses intervenants, la qualité de l’organisation et sa portée médiatique dans le monde, mais c’est aussi parce que j’ai la chance de pouvoir vous montrer quelque chose d’intéressant pour tous les présentateurs : les TED Commandments.

TED Commandments pour bien présenter

Signe que TED n’est pas une conférence comme les autres, chaque intervenant reçoit chez lui un colis contenant… une véritable pierre sur laquelle sont gravés (ou plutôt imprimés) les dix commandements à respecter religieusement lorsqu’on présente à TED.

ted_commandments_1.png

Si cela paraît un peu «too much» pour nous, ces règles sont pleines de bon sens et valent la peine d’être décortiquées. Je vous présente ici les 5 premières, librement traduites.

1. Tu ne voleras pas de temps

Faites attention à la colère des personnes qui vous suivent. Respectez l’horloge. Un péché capital lorsqu’on fait une présentation est de ne pas être capable de respecter le temps imparti. Cela signifie plusieurs choses, toutes négatives :

  • Le présentateur n’est pas un vrai professionnel, car s’il dépasse son temps c’est qu’il ne maîtrise pas son speech et qu’il n’a pas répété ou trop peu. Et tout vrai professionnel répète.
  • Il manque de respect envers le public et envers les présentateurs qui vont le suivre.

2. Tu n’utiliseras pas la scène pour vendre

Ne mettez en avant ni votre organisation, ni votre [parti] politique, ni votre besoin désespéré pour du financement. C’est tellement vrai. Une des erreurs que je vois le plus fréquemment dans les conférences, ce sont ces orateurs qui profitent de leur temps de parole pour faire un pitch commercial de leur produit. Vous allez à une conférence pour en savoir plus sur les solutions de développement durable et vous vous retrouvez obligé d’écouter un commercial qui débite sa publicité en temps réel.

3. Tu ne feras pas mousser ton Ego

La beauté du reflet dans le miroir passe très mal sur scène. Le message doit être et rester la star du show du début à la fin de la présentation. Profiter de son temps de parole pour se faire mousser, cela revient à vouloir se vendre depuis la scène ; c’est extrêmement désagréable pour l’assemblée, et à la fin le présentateur est perçu comme quelqu’un de prétentieux qui n’a finalement pas beaucoup apporté.

4. Tu ne commettras pas d’obscurcissement

Supprimez l’abstrait. Éradiquez le jargon. Expliquez ! Donnez des exemples ! Un croquis vaut mieux qu’un long discours. Il ne faut pas oublier que si on est invité à parler, c’est en général qu’on en connaît beaucoup plus sur un sujet que 95% de la salle. C’est à la fois très bien mais également une cause majeure d’échec si le présentateur ne parvient pas à rendre son savoir accessible ; c’est ce qu’on appelle la malédiction du savoir (pour en savoir plus à ce sujet lisez le livre «ces idées qui collent» de Dan et Chip Heath).

5. Tu n’assassineras pas PowerPoint

Partagez vos images. Économisez les mots. Jetez les « listes de bulletpoints » sans fin. De fait, de l’avis général les meilleures présentations réalisées à TED utilisent soit des images (voir par exemple les présentations de Frans Lantig ou de Al Gore) ou pas de slides du tout. En tout cas personne n’utilise de slides couverts de texte et de bulletpoints.

Dans le prochain article, je vous présenterai les commandements 6 à 10.

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Making it all Work [La minute GTD du vendredi]

Et oui, le nouveau bouquin de David Allen, l’auteur de Getting Things Done, est disponible en anglais. Ça s’appelle Making it all work, Winning at the game of Work and the Business of Life.

Je ne l’ai pas encore lu, mais c’est une nouvelle qui pourra vous intéresser et qui me perment de meubler une semaine où je n’ai pas eu le temps d’écrire un article plus long ^^.

Les commentaires des lecteurs sur Amazon sont mitigés. Beaucoup de personnes pensent que le livre n’apporte pas énormément par rapport à son prédécesseur. En tout cas si vous êtes curieux ce site a publié un chapitre du livre. David propose sa propre matrice à quatre cadrans, mais j’avoue que ce type de matrice commence à me gonfler ; utilisée par Gartner, par Stephen Covey et tous les cabinets de conseil du monde qui veulent faire comme s’ils y connaissaient quelque chose, elle est en train de devenir une caricature d’elle-même (voir l’exemple ci-dessous).

important_urgent.001.png

D’ailleurs je promets de ne plus l’utiliser une matrice à quatre cadrans telle quelle, je songe sérieusement à remplacer les points par des étoiles pour améliorer le concept original.

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Le branding de vos présentations : la couleur partie 2 [Ideas on Stage]

Le dernier article était dédié aux grands principes de l’usage de la couleur dans une présentation. Cette semaine nous allons continuer de creuser le sujet en abordant un point clé : comment créer une bonne palette de couleurs ? Mais avant ça, il est nécessaire d’aborder un peu de théorie.

La roue des couleurs

La roue des couleurs n’est pas quelque chose de nouveau. De fait, elle a été inventée par Sir Isaac Newton, et n’importe quel étudiant en art la connaît. Cependant sa compréhension est essentielle pour maîtriser l’harmonie des couleurs.

color_wheel.png

En théorie classique des couleurs, il y a trois couleurs primaires : le rouge, le bleu et le jaune (en réalité ce sont le magenta, cyan et jaune). En combinant ces trois couleurs de base, on obtient toutes les couleurs possibles. Il y a également deux autres paramètres à prendre en compte pour obtenir une palette de couleurs complète : la saturation et la luminosité.

La saturation, c’est la «quantité» de couleur. Une couleur très saturée paraîtra très riche, alors qu’une couleur peu saturée paraîtra terne ou grisâtre. La luminosité est la «clarté» de la couleur, et détermine son éclat.

Apple utilise une variante de la roue des couleurs :

color_wheel_apple.png

Notez les différences : cette roue se base sur un modèle des couleurs rouge bleu vert et non rouge bleu jaune. Les deux autres paramères sont la quantité de noir ajouté à la teinte de base (curseur de droite) et l’opacité de la teinte.

Microsoft y a apporté ses améliorations habituelles et a rendu la roue… hexagonale. C’est sûr, ça va beaucoup mieux rouler maintenant.

color_wheel_microsoft.png

Le modèle de couleur utilisé par Microsoft est le même que Apple : rouge bleu vert.

Mais là où la roue devient intéressante, c’est qu’elle permet de créer des palettes de couleurs harmonieuses pour nos présentations.

Le secret des couleurs

En effet, une bonne palette de couleurs ne se crée pas simplement en prenant une couleur à gauche et une autre à droite. Bien sûr, c’est possible de procéder de cette manière, mais c’est bien plus simple lorsqu’on connaît les règles.

Analogue

Une palette de couleurs analogue provient d’un seul segment de la roue.

color_wheel_analogue.png

Une telle palette va forcément être harmonieuse à l’oeil. Cependant son défaut pour une présentation est double : elle va manquer de contraste, ce qui peut rendre la présentation difficile à lire sur un vidéoprojecteur de basse qualité ou si l’éclairage de la pièce est trop fort, et elle manque d’une couleur tranchante pour mettre certains éléments en valeur.

Adjacente

Cette palette fait appel à trois couleurs situées sur des segments de la roue adjacents.

color_wheel_adjacent.png

Comme pour une palette de couleurs analogues, elle est en général harmonieuse mais peut manquer de contraste pour une présentation.

Complémentaire

Une palette complémentaire fait appel à deux teintes de base opposées sur la roue des couleurs.

color_wheel_complementary.png

Le résultat est très contrasté et offre une bonne visibilité pour réaliser une présentation. Cependant il faut veiller à ne pas utiliser deux couleurs trop saturées sous peine d’obtenir quelque chose de très agressif.

Triplet

Ce type de palette est composée de trois couleurs équidistantes sur la roue. Encore une fois, il faut jouer sur la saturation et la luminosité pour obtenir un résultat équilibré et plaisant à l’œil.

color_wheel_triad.png

Complémentaire séparé

Une palette complémentaire séparée on prend une couleur et deux couleurs adjacentes à la couleur opposée.

color_wheel_split_complimentary.png

Le cas du noir et du blanc

Le noir et le blanc, et dans un moindre mesure les gris neutres, ont la particularité de pouvoir s’accorder avec la plupart des palettes de couleur. Vous pouvez donc sans risque les ajouter à un triplet, mais n’oubliez pas que dans ce cas ils deviennent partie intégrante de votre palette.

En conclusion : les goûts et les couleurs…

Pour terminer, un peu de sagesse tibétaine (je sens que ces deux derniers mots vont faire venir sur mon blog des visiteurs qui recherchent totalement autre chose). Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Une palette géniale pour une personne paraîtra bien terne pour une autre. L’important est que la palette choisie respecte les codes de votre secteur d’activité. Enfin, gardez à l’esprit que selon les cultures, certaines couleurs peuvent être porteuses de significations plus ou moins fortes. Veillez à ne pas choquer votre auditoire.

La série sur les couleurs n’est pas terminée, et il y a encore énormément de choses à voir sur le sujet. La semaine prochaine nous ferons une pause sur le sujet pour nous attaquer à un autre élément clé du branding des présentations : la typographie.

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