Réaliser une présentation partie 5 : l’exécution
Il y a maintenant un bon bout de temps, j’ai entamé une série sur les présentations qui reprenait 5 étapes. Cet article est la cinquième et dernière partie de cette série et donne quelques trucs à suivre pour réussir sa présentation le jour J.
J’en profite pour rappeler un article que toute personne qui effectue des présentations régulièrement devrait lire : la liste de conseils de Pamela Slim du blog Escape from Cubicle Nation (concept totalement intraduisible en français) pour organiser la logistique d’une présentation : trop de personnes arrivent encore à des événements en s’apercevant qu’elles ont oublié l’adaptateur vidéo ou que le câble électrique est trop court ! Sans compter les personnes qui lancent la présentation et se rendent compte qu’elles n’ont pas pris la bonne version.
Comment s’habiller ?
Cela dépend de l’événement et du lieu. La tenue est beaucoup plus formelle en Europe que dans la Silicon Valley. Une start-up n’aura pas le même code vestimentaire qu’une grande banque. Cependant la règle à respecter est : habillez-vous toujours de manière soignée en respectant les codes vestimentaires de l’événement. La raison est simple : être mal habillé est perçu comme un manque de respect envers le public. Guy Kawasaki conseille même de toujours s’habiller un peu mieux que les autres personnes.
Dans le doute, en Europe il vaut mieux s’habiller de manière formelle.
Juste avant et pendant la présentation
Évitez les boissons comme le café, le thé ou les jus du fruits, qui excitent et peuvent altérer le timbre de la voix. Préférez simplement de l’eau à température ambiante, l’eau froide ferme la voix. Évitez également les boissons gazeuses, qui peuvent provoquer des effets spectaculaires dans le micro mais rarement désirables.
Travailler les techniques de base : le regard, la posture, la respiration
Le regard est votre point d’appui le plus précieux. C’est grâce à lui que vous allez établir une connexion entre le public et vous. Illuminez le public avec votre regard, ne le perdez jamais des yeux. Si à un moment vous avez une hésitation ou si vous cherchez vos mots, gardez le contact visuel avec le public ; cela vous aidera à trouver quoi dire et surtout cela éliminera naturellement une grande partie de ce qu’on appelle les actions de dérivation verbales : les hum, euh et autres mots parasites viennent lorsqu’on perd le contact avec le public pour se tourner vers ses propres pensées.
Pour les timides qui n’osent pas regarder dans les yeux (et à condition d’être suffisamment loin des personnes) : le mieux est de regarder le front des personnes ; ce ne sera pas aussi efficace mais c’est mieux que de regarder ses pieds.
La respiration est essentielle pour ne pas manquer de souffle et donner de l’ampleur à votre voix. Comme pour les sportifs, les arts martiaux et les techniques de relaxation, la bonne respiration vient du bas du ventre. L’avantage d’utiliser la respiration du bas du ventre est de donner plus d’énergie, de décontracter le corps et d’avoir plus de souffle. Travailler la respiration peut se faire n’importe où : dans le métro, en marchant, pendant que votre boss vous raconte un truc particulièrement rasant.
La posture la plus adaptée est de se tenir debout, droit, comme si un fil vous tirait par le sommet du crâne, mais sans exagérer (vous ne devez jamais être rigide). Les deux pieds bien plantés dans le sol.
Placez les pieds bien à plat sur le sol, écartés d’environ la largeur des épaules.
La plupart du temps les mains doivent rester visibles, donc pas dans le dos ou dans les poches.
Le plus simple est de regarder un maître du genre en action, Barack Obama.
Maîtriser ses gestes et sa voix
La voix, cet élément si distinctif des grands orateurs. Pour parler comme un homme politique en restant naturel, il faut énormément de pratique. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que « parler comme un homme politique » est devenu très péjoratif dans le langage commun. Il vaut mieux garder votre voix naturelle et en corriger les principaux défauts d’élocution, par exemple : débit trop lent ou trop rapide, trop peu de rythme ou d’intonation, mots parasites. Une formation avec un professeur d’élocution, de chant ou de théâtre peut être d’une grande aide.
En général, évitez de parler et de vous déplacer en même temps, surtout si vous n’avez pas l’habitude de parler en public. Préférez la technique suivante : parlez, puis déplacez-vous entre deux morceaux de votre discours.
Éviter les actions de dérivation
Les actions de dérivation orales sont les euh, hum, que l’on prononce pendant un discours. Ceux-ci viennent naturellement lorsqu’on se met à penser et que l’on perd temporairement le contact avec le public ; ils sont l’expression de vos réflexions internes, il ne faut donc pas les communiquer.
Les actes de dérivation physique sont par exemple tortiller un stylo, se gratter, etc. Certains coachs conseillent de tenir un micro à main pour détourner les actions de dérivation physiques sur lui. C’est cependant un pis aller, car (1) il vaut mieux utiliser un micro cravate et (2) le public va remarquer inconsciemment que l’orateur se « cache » derrière son micro.
Ayez le sens du « rythme »
En musique, les silences sont partie intégrante de la musique. Les albums alternent morceaux rapides et morceaux plus calmes pour créer de la variété et augmenter l’intérêt pour l’audience.
Certains ne respectent aucune règle
En effet, regardez la vidéo suivante de Philippe Starck qui présente à TED. Il fait l’opposé de pratiquement tous les conseils mentionnés ici : il a un discours peu structuré, il parle en marchant et il ne regarde pas l’auditoire. Pourtant son speech a été en général apprécié. Mais dites-vous bien que si vous n’avez pas sa renommée, le public sera beaucoup moins tendre avec vous.
Pour aller plus loin
Les quelques conseils de cette page ne suffisent pas à décrire l’étendue des techniques à maîtriser pour être un bon orateur. J’approfondirai donc les thèmes abordés ici dans des articles ultérieurs. En attendant, voici quelques livres de référence :
- Le secret des orateurs de Stéphane André, un coach en art oratoire assez connu.
- Speaking globally, de Elizabeth Urech, donne des trucs et astuces sur la culture des différents pays : comment s’habiller aux États-Unis, en Europe ou au Japon. Est-il bien de se déplacer sur scène ou vaut-il mieux rester derrière le podium en Allemagne ?
- Le guide de la communication, de Jean-Claude Martin, est l’ouvrage le plus complet que je connaisse en français sur l’art de la communication orale.
Si une des techniques évoquées ici vous intéresse particulièrement, vous pouvez le mentionner en laissant un commentaire.
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