Étant présent à la conférence ReMIX10, J’ai pu assister à la présentation d’Eric Rudder, le Vice Président de la stratégie technique chez Microsoft. Je l’ai beaucoup appréciée, car elle est un excellent exemple de la mise en pratique des principes de la formation que nous avons donné à HEC début mai sur l’art de présenter à l’international.
Voici trois points marquants que je retiens de la présentation d’Eric.
Une introduction dans la langue de Molière
Eric Rudder a réalisé toute l’introduction de sa présentation en français. Bien sûr, son français n’était pas parfait, mais cela n’avait aucune importance, le public a parfaitement compris le message : je suis un Américain en France, c’est à moi de m’adapter à vous et non l’inverse. Il aurait parfaitement pu s’appuyer sur sa notoriété et son importance et ne pas faire cet effort, mais Eric est bien trop intelligent pour tomber dans ce piège. En tant qu’orateur expérimenté il a assumé la responsabilité d’établir la connexion avec son public.
Un anglais accessible
Les anglophones d’origine ont un gros désavantage lorsqu’ils doivent présenter devant des Français audiences internationales : il leur est difficile d’utiliser un anglais simple et accessible par tout le public.
Ici encore, l’expérience et l’entraînement d’Eric jouent un rôle prépondérant : non seulement il utilise un anglais simple (mais pas simpliste) et efficace, mais en plus il s’assure de parler suffisamment lentement pour faciliter la compréhension de son discours, en se calant sur ce que nous appelons la « vitesse de croisière ».
Cela semble évident et simple à réaliser, mais je suis certain qu’Eric s’est entraîné et a beaucoup pratiqué avant d’arriver à ce niveau de maîtrise.
Un contenu adapté à la France
La démo d’Eric a confirmé son haut niveau de professionnalisme et de maîtrise des roadshows internationaux. Eric possède à n’en pas douter une présentation et une démo parfaitement rodée pour les États-Unis. Mais il a appris les ficelles du métier : plutôt que d’utiliser sa démo standard, il a pris le temps de traduire certains passages en français. Touche finale, il a adapté le fond d’écran pour montrer la Tour Eiffel ! On la distingue sur la photo ci-dessous.

Conclusions
Ce n’est pas un élément, mais plutôt l’addition de détails qui fait la différence entre l’amateur et le professionnel parfaitement entraîné à l’art de réaliser des présentations à l’international.
Connaître ces astuces est simple, les appliquer bien plus difficile, et nécessite une vraie volonté et un entraînement rigoureux, mais l’effort en vaut largement la peine.


[...] This post was mentioned on Twitter by Dév Perso and Pierre Morsa, Pierre Morsa. Pierre Morsa said: RT @dvperso: [Pierre Morsa] Eric Rudder, une présentation internationale réussie http://bit.ly/b07BTY [...]
Très bon billet.
Cette approche de M. Ruder dénote beaucoup de respect pour son auditoire. Évidemment c’est valable même quand on présente notre solution à un comité restreint. Je retiens particulièrement l’aspect « maîtriser et pratiquer le débit ou le rythme que nous prenons pour livrer le message. Vraiment pertinent, je suis convaincu que 80% des représentants (pas les conférenciers professionnels) n’en tiennent pas compte, et c’est applicable même quand cette présentation se fait dans la même langue quel’auditoire.
Toujours un plaisir de te lire!
Benoît
@Benoît : merci
Tu as raison concernant le débit, beaucoup de personnes ne respectent pas cette règle. Pourtant c’est un élément déterminant pour la bonne compréhension du message.
Les conférenciers anglo-saxons ont en général un niveau de professionnalisme impressionnant, et j’ai bien l’intention de faire monter le niveau ici en France !
En tout cas, ton approche est définitivement gagnante!
Si cela peut te consoler (ou t’encourager), nous avons le même problème de l’autre côté de l’Atlantique, malgré que nous soyons entourés de 340 millions d’anglophones.
Beaucoup ne font réciter, pire, lire des mots sur un powerpoint (comme si les clients ne savaient pas lire!), aucune réelle préparation, aucune profondeur, aucune empathie, un souci minimal ou inexistant de réellement toucher le client. Alors, imagine, il y en a qui sont loin de commencer à seulement se préoccuper du débit, des silences volontaires ou des intonations!
Les bons vendeurs sont rares mais il y en a!
You’re going to make it! (comme disait Verlaine)
Bonne journée!
Benoît