Pierre Morsa

Management et productivité

Archive for the 'Nouvelles' Category

Les aventures de Johnny Bunko

Daniel Pink est vraiment un écrivain de talent. Son livre “A Whole New Mind” a fortement influencé ma perception des qualités nécessaires pour réussir dans le monde du travail. Dan était le speechwriter en chef de Al Gore durant sa campagne présidentielle.

Daniel Pink est aussi quelqu’un de très créatif. Plutôt que de publier un énième livre sur la gestion de carrière, il a réalisé un manga qui raconte les aventures de Johnny Bunko démarrant sa vie professionnelle.

Si vous voulez en avoir un aperçu, je vous propose de voir l’excellente présentation réalisée par Garr Reynolds sur le livre et disponible sur slideshare. Par ailleurs, la présentation de Garr est un modèle du genre : simple, drôle et extrêmement efficace.

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La messagerie vocale sans les oreilles

Faites-vous partie comme moi de ces personnes qui trouvent que les messageries vocales des opérateurs téléphoniques sont un service indispensable mais également une source de frustration et de perte de temps ?

J’ai plusieurs griefs vis-à-vis des messageries vocales traditionnelles :

  • Ecouter mes messages peut prendre beaucoup de temps par jour en fonction de la concision de mes interlocuteurs.
  • Si le troisième message est urgent, je suis forcé d’écouter les deux premiers messages avant d’y accéder.
  • Pour rappeler la personne, je peux avoir besoin de noter un numéro, ce qui n’est pas toujours pratique.

La messagerie vocale est indispensable et la désactiver n’est pas une option envisageable pour moi. Heureusement j’ai découvert Spinvox, un service qui renvoie la messagerie vocale traditionnelle à l’âge de la préhistoire.

Spinvox convertit les messages vocaux laissés sur mon portable en texte et me l’envoie par SMS ou par email. Cela fait maintenant à peu près un an que j’utilise les services de Spinvox, et la qualité de la conversion est très bonne. Les numéros sont retranscrits fidèlement (plus besoin de les noter), et seuls les noms propres peuvent poser problème (mais même pour nous Humains, ce n’est pas facile de comprendre un nom propre qu’on ne connaît pas).

Si malgré tout je veux écouter le message original, je peux y accéder directement car Spinvox attribue un code d’accès direct à chaque message. Autre avantage, lorsque je suis bloqué dans une réunion je peux consulter un SMS, c’est plus discret que de porter mon téléphone à l’oreille pour écouter ma messagerie.

Le seul point noir de Spinvox est le temps requis pour la conversion du message. En général cela prend entre 2 et 5 minutes avant de recevoir le message retranscrit, mais dans de rares cas cela peut prendre plus d’une heure.

Spinvox offre quelques autres services, comme se dicter un mémo à soi-même ou ajouter des posts sur un blog à distance. Enfin, pour les adeptes de GTD Spinvox offre un avantage supplémentaire : vous pouvez désormais collecter tous vos messages vocaux directement dans votre boîte email pour les traiter de manière groupée.

Pour l’instant le service n’est pas complètement opérationnel en France et le processus d’inscription est assez compliqué. Si vous voulez néanmoins essayer rendez-vous sur leur site www.spinvox.com. Le service est gratuit pour un essai de 30 jours.

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GTD en Français

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Un membre de la communauté Yahoo GTD vient de nous informer que Getting Things Done, le livre culte de David Allen, allait enfin être disponible en Français à partir du mois de mars (2008). L’information vient de source sûre, puisqu’elle a été confirmée par David Allen et l’Editeur. D’ailleurs, en cherchant un peu, j’ai découvert qu’il était déjà disponible en pré-commande sur amazon.fr, sous la référence ISBN 978-2848992099.

Je ne sais pas trop quoi penser du titre choisi pour la traduction, à savoir “S’organiser pour Réussir”. Au mieux, il est anodin, au pire vraiment peu vendeur. Espérons que la couverture fera une référence explicite à Getting Things Done et que l’initiative de l’Editeur sera couronnée de succès.

Mise à jour 5 mars : la date de parution du livre est le 17 mars. Je ne suis pas trop fan de la couverture : je n’ai jamais aimé les polices de caractères du type Comic Sans, et le bandeau de petites icônes est sans rapport avec la choucroute. Enfin, ne boudons pas notre plaisir, et espérons que le livre sera bien accueilli en France. Pour participer au groupe Yahoo sur Getting Things Done, c’est par ici.

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Gandhi donne une leçon de marketing

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Ce week-end j’ai dû aller à la Pharmacie. C’est le genre d’endroit où l’on ne va que lorsqu’on est malade, et il ne me viendrait jamais à l’idée de m’y rendre sans raison. Cependant, en payant je remarquai une pancarte en haut du comptoir avec une citation attribuée à Gandhi :

“A customer is the most important visitor on our premises. he is not dependent on us. We are dependent on him. He is not an interruption in our work. He is the purpose of it. He is not an outsider in our business. He is part of it. We are not doing him a favor by serving him. He is doing us a favor by giving us an opportunity to do so.”

Vérification faite sur Internet, cette citation est bien de Gandhi.

Avec cette vision, un homme a pu changer le destin de toute une nation sans violence. Quel contraste avec ces enseignes qui s’imaginent que leur développement passe par la pratique de méthodes commerciales toujours plus agressives, et qui s’étonnent de ne récolter en retour qu’une image dégradée et une fuite des clients.

La leçon ? Les clients adorent acheter, mais détestent se faire vendre quelque chose. Bien sûr, des pratiques commerciales agressives comme une pression promotionnelle maximum, l’envoi de prospectus faisant croire à des cadeaux, peut faire augmenter ponctuellement le chiffre d’affaires. Mais la réputation de l’entreprise ne vaut-elle pas infiniment plus que ces bénéfices à court terme ?

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Autoriser la vente à perte appauvrira les consommateurs

Il est beaucoup question pour l’instant de modifier la législation pour autoriser la revente à perte (loi Galland, loi interdisant de répercuter les marges arrières sur les prix). La raison invoquée, logique à première vue, est que la libéralisation des prix augmentera le pouvoir d’achat des consommateurs. Cependant, une analyse simple permet de se rendre compte que les vraies motivations sont probablement ailleurs.

Tout d’abord, un rappel de la règle numéro 1 : vendre à perte n’a économiquement aucun sens.
Vente à perte = pas de bénéfices = entreprise pas viable. Aucune entreprise ne peut survivre longtemps sans faire de bénéfices, et les distributeurs n’ont aucune potion magique pour échapper à cette règle.
La règle 2 est assez simple elle aussi : la règle 1 ne peut pas être brisée pendant longtemps par une entreprise non subventionnée sans mettre la clé sous le paillasson.

Si vendre à perte n’a pas de sens, personne le le fera ?

Si, car vendre à perte pendant une période peut servir à quelque chose : à éliminer les concurrents les plus faibles. Le mécanisme est très simple : les distributeurs disposant de suffisamment de réserves vont casser les prix et vendre à perte. Mais vendre à perte, c’est comme entamer une traversée du désert : les concurrents qui n’ont pas assez de réserves meurent de soif avant d’arriver à bon port. Donc vendre à perte pendant une période permet aux distributeurs les plus forts d’éliminer les plus faibles. Pendant cette guerre des prix, l’INSEE pourra effectivement constater une baisse de l’indice des prix à la consommation.

Dans ce cas, il y a donc bien une baisse des prix, donc un bénéfice pour le consommateur ?

Non, car la baisse n’est que temporaire, le temps d’éliminer les concurrents les plus faibles. Une fois les concurrents éliminés ou leur image dégradée, les distributeurs sont bien obligés de redevenir bénéficaire. Comme la concurrence est fortement affaiblie, ils deviennent libres d’augmenter les prix à leur guise pour renflouer leurs caisses.
A terme, le consommateur est donc perdant, car il y a moins de concurrence, et par conséquent les distributeurs peuvent se permettre d’afficher des prix plus élevés.

Il est étonnant de constater que des personnes qui ont fait les meilleures Ecoles du pays oublient les règles de base du commerce : vente à perte = mort d’une entreprise. Les législateurs peuvent trouver toutes les bonnes explications, cette règle ne peut pas être brisée. Et il n’y a pas besoin d’avoir fait des études pour s’en rendre compte. Imaginez ce que cela veut dire dans le monde réel : tous les distributeurs oublient qu’ils doivent faire de l’argent. Ils deviennent philanthropes et vendent à perte pour le bien de l’humanité. Ils sont si gentils qu’ils acceptent de faire des pertes chaque année rien que pour votre bonheur et le mien. Les actionnaires acceptent de voir leur entreprise mourir à petit feu car ils le font pour le bien des consommateurs. Cela vous semble ridicule ? C’est ridicule. Vendre à perte à long terme est impossible pour toute entreprise, quelle que soit sa taille (1).

Pour quels motifs peut-on dans ce cas vouloir pousser ce genre de loi ?
Pour répondre à cette question, il faut chercher à qui cette guerre des prix pourrait profiter. Et en y regardant de plus près, il existe en particulier un grand groupe de distribution alimentaire français, coté au CAC 40, qui se prépare à cette guerre depuis le début de cette année en réorganisant activement sa structure financière. Ne pouvant battre ses concurrents à la régulière, il va bénéficier d’un coup de pouce providentiel pour gagner les parts de marché qui lui manquent pour devenir numéro un en France.

En conclusion
Ce groupe ne sera pas le seul bénéficiaire. En effet, en faisant effectivement baisser l’indice des prix à court terme, le gouvernement gagnera sa guerre d’image autour du thème du pouvoir d’achat. Pour y parvenir, il va s’appuyer sur les poids lourds du secteur qui y voient un bon moyen de mettre un terme à la stagnation de leurs parts de marché et à la concurrence des commerces de proximité. Un avertissement cependant aux distributeurs : il n’est pas du tout sûr que les groupes à actionnariat privé aient quelque chose à gagner de cette bataille.
On ne peut que déplorer que la recherche d’un objectif à court terme fasse si facilement oublier les leçons du passé et les conséquences négatives de telles mesures à plus longue échéance.
Plutôt que de faire des tours de passe-passe qui gaspillent beaucoup d’énergie pour rien, il vaudrait mieux se focaliser sur ce qui pourrait réellement faire progresser le pouvoir d’achat des personnes : l’amélioration de la compétitivité de la France par rapport aux autres pays, l’augmentation de la valeur créée dans le pays ; sans cela, la croissance en France risque bien de devoir jouer le rôle de Pénélope pendant encore longtemps.

(1) il existe une astuce à la règle : l’entreprise doit être bénéficiaire au global. Cela veut dire qu’il est possible de vendre à perte une catégorie de produits si les bénéfices des autres catégories sont suffisants pour compenser les pertes. Par exemple, les fabricants de console de jeux vendent les consoles à perte car c’est pour eux le meilleur moyen de faire des bénéfices sur les jeux. Dans le cas des distributeurs, un scénario plausible est un accord tacite gouvernement - distributeurs dans lequel les distributeurs acceptent de vendre à perte des produits permettant de faire baisser l’indice des prix à la consommation en échange de contreparties de la part du gouvernement, comme la liberté de s’implanter n’importe où…

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