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Réaliser une présentation : introduction

Il paraît que la peur de parler en public est ce que nous craignons le plus, plus même que de mourir. C’est fortement exagéré. Si quelqu’un pointait un pistolet chargé dans mon dos, je suis sûr que je trouverais le moyen de parler sans problème.
Je ne suis pas né avec le talent de présentateur, au contraire. Je suis par nature plutôt avare de mots, et m’exprimer en public était un exercice que je redoutais, et que j’essayais d’éviter à tout prix. Mais heureusement je n’avais pas à me résigner à cet état de fait. C’est pourquoi j’ai commencé à chercher ce qui se faisait de mieux pour devenir un bon présentateur. Et ce faisant j’ai fait trois découvertes capitales.
Ma découverte la plus importante est que contrairement à une croyance fortement ancrée on ne naît pas présentateur, on le devient. Bien sûr, certaines personnes ont des prédispositions, mais tous les bons présentateurs ont travaillé des heures et des heures pour arriver à avoir l’air naturel face au public. Les journalistes du JT, les hommes politiques, les présentateurs vedettes, tous sont coachés pour devenir de bons communiquants.
Ma deuxième découverte est que pour s’améliorer, ce qui compte le plus est d’avoir l’état d’esprit adéquat. Voici quelques trucs qui m’ont aidé à progresser plus rapidement.
- Un pas à la fois. Pas besoin de se mettre la pression. La première chose à accepter est que devenir un bon présentateur prend du temps et demande de la patience. Peu importe la vitesse à laquelle vous progressez. Ce qui compte, c’est d’avoir la volonté à chaque fois de progresser.
- Acceptez-vous en tant que présentateur tel que vous êtes. Nous avons tous des défauts. Les meilleurs présentateurs ont des défauts ; les nerfs qui lâchent, les tics nerveux, etc. Dites-vous “Je ne suis pas le meilleur présentateur du monde. Et alors ?”.
- Restez vous-même. Une des erreurs les plus fréquentes est d’essayer d’adopter le style de présentation de quelqu’un d’autre que nous trouvons bon. Lorsque nous faisons cela, nous apparaissons automatiquement comme jouant un personnage. Les messages que nous passons sont moins crédibles car ils semblent venir de ce personnage, et non de nous.
- Entraînez-vous dans des contextes sans risque. Profitez de discours sans enjeux pour essayer les nouvelles techniques que vous aurez apprises, par exemple des présentations devant des amis. Si vous essayez d’appliquer les techniques apprises directement dans un contexte risqué cela va augmenter votre stress, ce qui va influencer négativement sur votre présentation et par conséquent risque de vous décourager.
- Considérez chaque amélioration comme une victoire. Chaque pas dans la bonne direction, même s’il vous semble minime, est en réalité beaucoup plus important qu’il n’y paraît.
- Ne vous en faites pas si parfois le résultat n’est pas aussi bon que celui que vous espériez. Cela arrive à tout le monde. Ce sera l’occasion de vous améliorer pour la prochaine fois.
Enfin, ma troisième découverte est que pour réaliser une bonne présentation utilisant les supports utilisées en entreprise (autrement dit des slides) il faut travailler sur trois éléments de base, comparables à ce qui se fait pour un film ou une pièce de théâtre :
- L’histoire que vous allez raconter est le coeur de votre présentation. La clé de voûte. La pierre angulaire. La fondation. La raison d’être. C’est exactement la même chose que pour les films. Les meilleurs acteurs et les meilleurs effets spéciaux ne peuvent sauver une mauvaise histoire.
- Le talent oratoire et le jeu d’acteur du présentateur est le deuxième point clé d’une bonne présentation.
- Enfin, la mise en scène et ses accessoires. Pour les présentations d’entreprise, les slides sont les accessoires les plus couramment utilisés.
Les slides sont les accessoires d’une présentation. On ne devrait donc pas leur accorder la priorité. Or quel est le processus typique de préparation d’un présentation en entreprise ?
- Superboss envoie un mail à Boss pour lui dire qu’il doit présenter quelque chose au prochain comité dans deux semaines.
- Boss ne fait rien.
- Au bout d’une semaine, il se souvient qu’il doit faire une présentation. Il se dit qu’il a encore le temps. Né anmoins Boss convoque le premier employé auquel il pense. Il lui donne une vague explication de 10 minutes sur ce qu’il veut. Au bout des dix minutes, il coupe court à la discussion car il a d’autres choses plus importantes à faire.
- Employé se rue sur son ordinateur, lance PowerPoint et commencer à rédiger des dizaines de bullet points sur des dizaines de slides. Si le brief n’est pas clair, autant essayer de rassembler le maximum de contenu, Boss n’aura qu’à choisir les slides qu’il veut.
- Au bout de 50 slides, Employé se dit qu’il a assez gratté, et puis il ne comprend toujours pas exactement ce que veut Boss. Il envoie ses slides à Boss et attend son retour.
- Boss laisse moisir (mûrir ?) les slides dans sa boîte aux lettres pendant 3 jours, se souvient le jour avant qu’il doit présenter un truc le lendemain, panique, ouvre la présentation, lit les 50 slides de bullet points en 10 minutes, demande des dizaines de modifications pour dans une heure à Employé. Tout le monde commence sérieusement à stresser pour demain.
- Employé fait les modifs, les envoie à Boss qui entretemps a de nouveau oublié qu’il avait une présentation le lendemain.
- Le jour même, Boss se rappelle à nouveau qu’il a une présentation. Il ouvre les slides modifiés, s’énerve, modifie rapidement l’ordre des slides 10 minutes avant la présentation et se rue dans la salle de présentation.
- A la fin de sa présentation, personne n’a vraiment écouté, personne n’a vraiment été convaincu. Heureusement tout le monde dort les yeux ouverts. Et puis les autres présentations n’étaient pas meilleures.
En résumé, plus de 90% du temps aura été passé à rédiger des bullet points sur des slides. Plus de 90% du temps aura été passé sur l’accessoire, au détriment de l’histoire et de la préparation du présentateur. C’est pour cette raison que tant de présentations en entreprise apportent ce que les Américains appellent “la mort par PowerPoint”.
C’est pour éviter cet écueil et remettre l’accent sur l’histoire et sur la préparation du présentateur que je vous propose une méthode différente. Celle-ci se divise en 5 étapes :
- Le brief
- La construction de la présentation
- La répétition
- La préparation du lieu
- L’exécution
Le prochain article abordera la première étape de la préparation d’une présentation : le brief.
3 commentsCombattez le Bull**** !
Pour ceux qui ne connaissent pas, bullfighter est un outil qui permet de d’évaluer et de réduire le niveau de bullshit de vos documents Word et PowerPoint.
Le programme est libre de droits et 100% gratuit. Il peut être téléchargé depuis le site Fight the bull. Il fonctionne sur tout ordinateur sous Windows.
Je l’ai fait tourner sur une vieille présentation en anglais, et elle a obtenu le score de 37% (pas terrible). “Leverage, deliverable, global, repository et transformation” étaient le top 5 des mots bullshit. Verdict sans appel de l’outil sur cette présentation : “Diagnosis: You are a full-fledged obscurist. You probably mutter bull words in your sleep. In your eye, nothing has worth unless it is ‘extensible’, ’scalable’, and ‘repurposeable.’ Get help. Soon.”
Il est possible d’ajouter ses propres termes, mais le lexique bullshit d’origine n’est disponible qu’en anglais. Dommage, les entreprises francophones aussi aiment la crotte de taureau.
No commentsQuelques ressources pour améliorer la qualité visuelle de vos présentations
Etre capable de réaliser des présentations de qualité est un aspect essentiel du métier de consultant. Ce post vise à donner les quelques ressources que j’ai pu collecter pour améliorer la qualité visuelle des présentations réalisées, sans aborder le travail nécessaire sur la structure, le message, et tous les autres aspects indispensables pour construire une présentation qui sort du lot.
Utilisez toujours des photos de haute qualité. Toujours. Peu de personnes en entreprise attachent de l’importance à ce point. Si ce n’était pas important, les publicitaires n’investiraient pas des milliers d’Euros uniquement pour avoir une photographie de qualité, et les magazines de mode ne retoucheraient pas les clichés. Faites donc confiance à ce que font les professionnels de l’image ; n’utilisez pas d’images de basse résolution, mal composées ou au look bon marché, elles ne font que passer un message d’amateurisme à votre auditoire. Au contraire, une bonne photographie qui renforce la compréhension de votre message donne tout de suite une connotation plus professionnelle à votre présentation. Elle passe au client le message “votre projet est important pour nous”. Et n’utilisez pas de clip-arts standard de Powerpoint, ils étaient peut-être amusants dans les années 90 mais aujourd’hui ils sont complètement éculés et n’apportent rien. Si vous voulez quand même les utiliser, alors ne faites pas les choses à moitié, allez-y à fond et présentez votre bilan semestriel avec ABBA en fond sonore.
Utilisez des palettes de couleur définies par des professionnels. Il paraît que les templates standard de Powerpoint 2007 sont enfin de bonne qualité, mais ceux des versions antérieures sont vraiment limites. Les meilleurs templates de présentation sont à mon avis sur le site keynotepro.com. Je trouve les thèmes Sonoma et OM particulièrement réussis. Ils ne sont pas compatibles avec Powerpoint, uniquement avec Keynote, un logiciel de présentation génial mais disponible uniquement sur Mac. C’est d’ailleurs ce logiciel qui a servi à faire la présentation “An inconvenient Truth” (une vérité qui dérange) d’Al Gore.
Apprenez les règles de base du design graphique. C’est indispensable pour donner un look plus professionnel à vos présentations. Un livre particulièrement bien fait et complet est design basics index, de Jim Krause. Connaître les bases de la composition photographique est également un plus. Ne perdez pas votre temps avec les livres qui vous expliquent comment utiliser Powerpoint, ils se focalisent sur les fonctionnalités du logiciel mais ne donnent en général pas de conseils vous permettant de réellement améliorer vos visuels. Pire, ils vont vous inciter à utiliser des fonctionnalités qui vont faire baisser la qualité de votre présentation, comme les animations à gogo ou les effets de texte ridicules.
Inspirez-vous d’autres présentations. Et pour cela, le mieux est de vous rendre sur le site slideshare.net, qui permet à n’importe qui de mettre en ligne des présentations. La présentation Shift Happens est particulièrement bien faite.
Prenez conseil auprès de professionnels. Sans aller jusqu’à vous payer un coach professionnel, il existe de nombreux sites disponibles sur Internet qui peuvent vous fournir d’excellents conseils. Parmi ceux-ci mon préféré est le site Presentation Zen, de Garr Reynolds, qui donne d’excellents conseils sur la façon de véhiculer des messages de manière simple.
Apprenez à faire simple mais sans faire simpliste. Selon John Maeda, la simplicité c’est “retirer ce qui est évident pour ajouter ce qui a du sens”, autrement dit ne mettez pas sur votre slide ce que votre auditoire sait déjà, ça ne sert à rien. N’y mettez que ce qui apporte de nouvelles informations qui permettent de construire votre histoire. Votre slide devient simpliste à partir du moment où vous retirez des éléments indispensables pour une compréhension exacte du message.
Bien entendu, une bonne présentation c’est beaucoup plus que des slides réussis. Une bonne présentation peut même se passer complètement de slides. Mais s’ils sont bien construits vos slides renforceront votre message sans s’y substituer.
No commentsUne liste des méthodes de visualisation
Trouvé sur Internet (1), une table périodique des méthodes de visualisation. Lorsque vous vous déplacez sur les cases du tableau, un exemple de diagramme est affiché.
Si vous avez des données, un concept ou une idée à faire passer dans une présentation visuelle mais que vous ne savez pas comment procéder, cette table peut vous aider à trouver le schéma qui fera passer votre message efficacement.
(1) Trouvé en lisant le blog de Guy Kawasaki
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