Pierre Morsa – Améliorer le monde, une idée à la fois

Si vous n’aviez plus jamais à travailler pour de l’argent, que feriez-vous ?

Note : ce billet est publié dans le cadre de l’événement à la croisée des blogs, organisé ce mois-ci par Michael du blog Esprit Riche.

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Oui, la fameuse question que chaque personne qui joue au Loto se pose après avoir acheté un billet. La question qui alimente les débats de déjeuner au boulot juste avant la super-cagnotte, le moment de la journée où on voit le visage de ses collègues s’illuminer.

Et vous, partiriez-vous vivre ailleurs ? Feriez-vous votre au revoir président comme dans la pub ? Achèteriez-vous un château, une Ferrari ou un yacht ? Vivriez-vous à un endroit où il fait toujours beau ?

A peine deux paragraphes, et c’est déjà l’heure de redescendre sur terre

Une chance sur 14 millions. Ce sont vos chances de gagner le gros lot du Loto. Euromillions, c’est encore pire, vous avez une chance sur 76 millions. Il est temps de redescendre sur terre, si vous vous appuyez sur le loto pour voir vos rêves se réaliser, vous allez encore attendre longtemps.

La question du mois soulève beaucoup d’interrogations, mais apporte peu de solutions. C’est pourquoi j’ai souhaité reformuler la question sous la forme suivante : comment concilier nos rêves et le besoin d’argent ? Car plutôt que de s’en remettre à la chance, je vous propose d’étudier un plan pour parvenir à réaliser vos rêves.

Trouver le trésor caché

Et pour ce faire, je vous emmène à la recherche d’un trésor caché. Caché en chacun de nous et exploitable par nous seulement.

Ce trésor, c’est l’endroit ou se rejoignent trois éléments :

  • Vos passions
  • Vos forces
  • La demande des clients

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Si tellement peu de personnes parviennent à vivre pleinement de ce qu’ils aiment, c’est parce que l’intersection entre ces trois éléments est souvent minuscule et difficile à trouver. Mais là se trouve le vrai trésor qui sommeille en chacun de nous.

Alors, comment trouver ce fameux trésor ?

Listez vos passions

C’est l’étape la plus facile, non ? Qu’est-ce que vous aimez faire ? Qu’est-ce qui vous passionne ? Voici par exemple à quoi pourrait ressembler la liste des choses qui me passionnent :

  • Ma famille
  • Le Design en général, et le design graphique en particulier
  • La photographie
  • Le kitesurf
  • Penser différemment
  • Ecrire sur mon blog
  • Etc.

La liste n’est pas complète, mais elle sert à illustrer cet article. Certaines de ces passions sont très anciennes, d’autres plus récentes. Certaines sont passagères, d’autres se sont avérées durables. Votre trésor se cache sûrement dans une de vos passions durables.

Identifiez vos forces

Lorsque vous parlez avec des célébrités, vous vous rendez compte qu’ils ont souvent eu à faire un choix crucial à un moment dans leur carrière. Le tennis plutôt que la natation. Le design plutôt que l’architecture. Le théâtre plutôt que le cinéma. Ils ont fait ce choix car ils savaient où se trouvait leur trésor. Ils savaient quelle passion s’exprimerait le mieux à travers leur talent.

La deuxième étape est donc d’identifier parmi vos passions celle qui correspond le mieux à vos forces, et surtout comment être numéro 1 sur votre créneau. Pour cela, vous allez devoir identifier votre niche sur le marché. Soyez le plus précis possible, vous voulez être numéro 1, rien d’autre.

Si vous voulez devenir footballeur professionnel, à quel poste et avec quelle type d’équipe êtes-vous le plus fort ?

Si vous aimez l’architecture, dans quel type de bâtiments excellez-vous ? Les maisons de particuliers, les bureaux, les gratte-ciels ? Quels matériaux allez-vous privilégier ? Le bois ou une fusion du verre et du métal ?

Si vous aimez le conseil, quel type de mission vous fait lever chaque matin avec entrain ?

Et trouvez comment monétiser cela

La troisième étape est la plus délicate. Elle consiste à trouver la meilleure manière de monétiser votre passion. Allez-vous vous faire engager dans une entreprise automobile pour créer des voitures ? Allez-vous créer votre société pour vendre vos service en direct ? Allez-vous écrire un livre ou fabriquer un DVD ? Les opportunités sont innombrables, et un petit détail peut faire la différence entre la réussite et l’échec.

Cette étape peut entraîner bien des désillusions. Manque d’intérêt des clients potentiels. Découverte de concurrents déjà présents sur le créneau. Ne vous découragez pas. Affinez votre positionnement, renforcez-vous et repartez à l’attaque. N’oubliez pas que Thomas Edison a échoué des milliers de fois avant de créer l’ampoule électrique. Que le Colonel Sanders a presque été clochard avant de réussir à fonder sa chaîne de restaurants KFC. Que personne ne voulait du rasoir jetable de Monsieur Gillette. Que Steve Jobs s’est fait virer d’Apple comme un malpropre avant de revenir plusieurs années plus tard et mettre sur le marché l’iMac, l’iPod et l’iPhone.

Quelques exemples de personnes qui ont su trouver et exploiter leur trésor caché

Steve Jobs, un des fondateurs d’Apple. Il a gagné non pas parce qu’il était doué pour l’informatique, mais parce qu’il était visionnaire. Il a exploité sa force en construisant le succès d’Apple sur sa capacité à transformer sa vision en produits.

Yann Arthus Bertrand, la parfaite illustration de quelqu’un qui a su exploiter son talent de photographe, puis a su exploiter la réputation qui en découlait pour créer une association en adéquation avec ses valeurs.

Tim Ferriss, pour sa mise en avant d’un mode de vie radicalement différent dans son livre la semaine de quatre heures.

Imaginez-vous en train de vous acharner à copier Steve Jobs parce que vous l’admirez ; vous allez très probablement échouer, car vous n’êtes pas Steve Jobs. Utilisez les hommes célèbres comme source d’inspiration, mais pas pour les copier. Copier, c’est la route vers la médiocrité.

Et si je ne trouve pas le trésor caché ?

Il se peut que vous ne trouviez pas le trésor caché en vous. Ne désespérez pas, il y a beaucoup de raisons possibles.

Votre trésor existe, mais il est à l’état de diamant brut. Autrement dit, vous avez ce trésor en vous, mais pour pouvoir l’exploiter vous devez d’abord passer par des étapes intermédiaires : suivre une formation complémentaire, vous entraîner, faire un bilan de compétences.

Vous n’êtes pas au bon endroit pour l’exploiter. Imaginez que votre trésor soit d’organiser des soirées pour surfeurs et que vous habitiez à Paris. Votre trésor ne pourra être exploité qu’une fois que vous aurez pris la résolution de déménager. Je pense aussi à ces pâtissiers français qui ont fait fortune en s’exilant aux Etats-Unis.

Trop tôt, trop tard. Votre trésor n’est pas éternel et dépend de l’état du monde et de votre état. Vous n’allez pas être champion du monde de karaté à 70 ans. Vous n’allez pas être le plus expérimenté à 20 ans. Il est possible qu’il soit trop tôt ou trop tard pour exploiter votre trésor sous la forme que vous aviez imaginé. Rassurez-vous, vous pouvez en exploiter la valeur autrement. C’est aussi rassurant de savoir que vous n’êtes pas limité à votre trésor actuel, mais qu’en fonction de l’évolution du monde vous aurez de nouvelles opportunités à saisir.

Si vous ne trouvez pas votre trésor, demandez à vos amis, votre conjoint, vos parents, un bon Coach de vous aider à le trouver.

Quelques pensées pour finir 2008

Alors que je poste ce billet l’année 2008 vit ses dernières heures. Une année qui restera dans les mémoires pour le crash de l’économie mondiale et l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis.

Je pense personnellement que les vrais impacts des événements de 2008 sur notre monde et notre façon de vivre ne sont pas encore apparus. Les média traditionnels continuent à jouer leur rôle de boîte de résonance pour les soubresauts à court terme de l’économie, mais sont complètement incapables de comprendre à quel point le monde est en train de changer.

En tout cas, je suis plus que jamais convaincu que la nouvelle réussite, c’est d’être capable de choisir. D’être capable de remplacer un boulot alimentaire idiot pour un patron idiot par un travail qui a du sens par rapport à votre vie et à vos valeurs. D’être votre propre agent du changement.

Pour ma part, je vous souhaite que 2009 soit l’année qui voit vos rêves se concrétiser.

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Comment j’ai trouvé le courage de me lever tôt

Note : cet article est écrit dans le cadre de l’événement “à la croisée des blogs”, organisé chaque mois par le groupe des blogueurs francophones du développement personnel. L’édition de ce mois, sur le thème du courage, est organisée par Laurent Dureau.

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Le temps et la santé sont les deux ressources les plus précieuses dont nous disposons. Contrairement à tous les autres types de ressources comme l’argent ou le bonheur le stock est limité une fois pour toutes dans la vie. C’est pourquoi j’ai décidé il y a quelques temps de me lever tôt tous les jours de la semaine.

Le problème, lorsqu’on décide de faire cela est le même pour tout le monde : comment avoir le courage de transformer une bonne résolution en réalité ? Comment éviter de simplement se rendormir après avoir coupé la maudite sonnerie du réveil ?

J’aurais pu chercher le courage de m’extirper hors du lit chaque matin par la seule force de ma volonté. Sans aucun doute, cette méthode aurait vite fini en résolution de début d’année du type arrêter de fumer. Pour garantir le succès du lever matinal, j’ai donc décidé de mettre en place un système.

Le système de réveil matinal garanti

Pour renforcer son courage face à l’ennemi, le système de Cortez consista à brûler ses vaisseaux pour s’interdire toute retraite. N’ayant rien à brûler sous la main et les feux d’appartement étant interdits à Paris, j’ai préféré chercher un système ne nécessitant pas la combustion d’objets pour me lever.

J’ai donc mis premier réveil qui sonne dans ma chambre à 5h30, et qui me réveille comme tout le monde. Là où cela devient un vrai système, c’est que pour ne pas me rendormir, j’ai mis un deuxième réveil dans le salon réglé pour sonner deux minutes plus tard beaucoup plus fort. Je n’ai donc pas le choix, soit je me lève soit toute la maison est réveillée.

Une fois la décision prise et le système mis en place, respecter la routine du lever matinal a été beaucoup moins difficile que ce que je pensais. Aujourd’hui lorsque le premier réveil sonne je me lève automatiquement pour aller couper le deuxième, je vais faire du thé et la journée commence.

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A la croisée des blogs – comment renverser une situation désespérée

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J’ai le plaisir de vous présenter l’édition de novembre de l’événement A la croisée des Blogs organisé par la communauté francophone des blogueurs du développement personnel. Le thème du mois, “comment renverser une situation désespérée ?” a inspiré beaucoup de membres du groupe. Argent, psychologie, méthodes, histoires vécues, les sujets abordés sont variés et nous espérons qu’ils vous aideront à passer un cap ou à vous ressourcer dans les situations difficiles.

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Si vous êtes face à des difficultés financières, Sylvain François de zerodette.com vous aide à trouver par où commencer pour réduire ses dépenses. Fini l’accumulation de crédits ou de dettes, place à une gestion saine de ses comptes.

Sur stop timidité Nicolas Vitale s’adresse aux personnes timides pour les aider à vaincre le sentiment que leur situation est désespérée ; vous y apprendrez comment passer d’émotions négatives à neutres, puis positives et finalement à passer à l’action.

Identité malmenée, espoirs évaporés… Que faire dans une situation désespérée ? Cet article de Boréale, de la fabrique des idées, peut vous aider à revoir votre perception psychologique de votre situation pour vous aider à progresser.

Don Fenice et St Benjamin Brodie, de GetBetter.fr, ont aussi une méthode bien à eux pour se sortir de situations difficiles : se construire une feuille de route pour sauver une situation désespérée par à pas.

Laurent Dureau est toujours aussi prolifique, et face à la situation de crise actuelle il nous fait partager comment réagir face au manque d’argent dans un article en deux parties. La solution se trouve en nous !

Mickael d’esprit riche propose un plan pour redonner du sens à votre vie. Tout commence par redécouvrir vos valeurs et identifier ce que vous contrôlez vraiment.

En tant qu’architecte, Laurent Brixius, d’Architecte et Marketing, s’adresse à un problème auquel nous devons tous faire face à un moment de notre vie : la gestion de crise, et il nous propose 4 étapes pour prévenir plutôt que guérir

Face à quelque chose que nous avons perdu, nous pouvons nous accrocher désespérément ou tourner la page et avancer. C’est ce qu’Alban, de Gooooalz, nous propose d’analyser dans Pour renverser une situation désespérée regardez loin.

L‘histoire d’Ockwick, du blog Sharppua, est une belle leçon de vie. Face à une perte d’emploi, il a rencontré quelqu’un qui lui a montré que la volonté reste votre meilleur atout lorsque la situation se corse.

Argancel, de céclair.fr, explique comment survivre à une situation désespérée, comment trouver de nouvelles opportunités pour s’en sortir puis comment trouver l’énergie pour les concrétiser.

Lilian Mahoukou, sur La bonne poignée, démontre qu’une situation qu’on croit désespérée ne l’est pas toujours et qu’il existe des moyens pour la renverser.

Situation désespérée, lâchons prise : Cécile Vilatte, en sophrologue professionnelle, nous propose une approche différente pour passer le cap sur la pause sophro.

Enfin vous trouverez ma contribution : trois histoires personnelles de situations désespérées que j’ai vécues, et surtout comment j’ai pu les renverser à chaque fois.

Je tiens à remercier tous les blogueurs de la communauté pour leur participation et leurs articles de qualité. Je laisse maintenant la main au blog organisateur de l’édition de décembre, Faysal Hafidi et son excellent blog Du rêve au concret.

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Comment renverser une situation désespérée : trois histoires vécues

Cet article est publié dans le cadre de l’édition de novembre de l’événement à la croisée des blogs, que j’ai le plaisir d’organiser.

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Pour aborder le sujet “comment renverser une situation désespérée”, je vous propose de partager trois histoires réelles qui me sont arrivées au cours de ma vie, et les leçons que j’en ai retirées. J’ai appelé ces histoires :

  • La chance sourit aux audacieux
  • Comme un troupeau de buffles
  • La mort au bout du fil

Histoire 1 : la chance sourit aux audacieux

Nous sommes en septembre 2008. Le week-end s’annonce bien ; samedi je dois prendre l’Eurostar de Paris gare du Nord direction Londres pour aller voir des amis. Dimanche matin, je prévois de revenir en France pour embarquer dans un avion direction Nice.

Le jeudi soir, accoudé à table, je ne fais pas attention au bulletin d’informations qui annonce qu’il y a eu un incendie dans le tunnel sous la manche. Après tout, il y a juste quelques voyageurs légèrement blessés. Ce n’est que le lendemain, alors que je suis en train de travailler, que je reçois un SMS d’un ami qui est déjà à Londres et qui me demande comment je vais faire pour venir, car le trafic Eurostar est totalement bloqué dans les deux sens.

Petit coup de stress. Je dois absolument être à Londres samedi. Je me rends sur le site Eurostar, que je trouve très bien fait car il propose une information en temps réel :

“Le tunnel est actuellement fermé dans les deux sens. Nous ne sommes pas en mesure de dire quand le trafic pourra reprendre. De nouvelles informations seront communiquées dans la soirée”

Je regarde le prix d’un billet d’avion pour Heathrow, 900 Euros ! Même si j’aime beaucoup mes amis en Angleterre, c’est vraiment trop cher. Dans ce genre de situation, on passe toujours par une phase d’élaboration de solutions totalement improbables. Mais que ce soit en ferry, en hélicoptère, à la rame ou à pied, aucune alternative n’est viable. La veille du départ à 23h, le site internet Eurostar annonce toujours ça :

“Le tunnel est actuellement fermé dans les deux sens. Nous ne sommes pas en mesure de dire quand le trafic pourra reprendre. De nouvelles informations seront communiquées dans la soirée”

Bon décidément il n’est pas si bien fait que ça ce site. Il leur reste 1h pour que dans la soirée ne devienne pas au petit matin. Je décide d’attendre le lendemain pour prendre ma décision.

Samedi. Mon réveil sonne à 6h. Automatiquement je me lève, je réveille le Mac (j’envie mon ordi qui est toujours prêt à travailler trois secondes après s’être réveillé) et vais voir ce qu’annonce le site Eurostar. Ce site c’est vraiment n’importe quoi, il affiche fièrement :

“Le tunnel est actuellement fermé dans les deux sens. Nous ne sommes pas en mesure de dire quand le trafic pourra reprendre. De nouvelles informations seront communiquées dans la soirée”

S’il y avait moyen de filer des coups de pied au derrière par ADSL, j’en enverrais bien un au Webmaster d’Eurotunnel. Comme ce n’est pas possible, j’en suis réduit à espérer que sa machine à café est en panne. Je sais, c’est mal. Y a pas à dire, l’information en temps réel reste un mythe. Finalement, en cherchant un peu sur le site de la SNCF, je trouve un message qui annonce une lente, très lente reprise du trafic.

Que faire ? Je décide de tenter ma chance et je me rends à la garde du Nord. C’est de cette première action positive que découlent tous les événements positifs qui vont suivre.

Une bonne et une mauvais nouvelle en arrivant à la gare : l’Eurostar recommence à circuler, mais mon train a été annulé, je vais devoir prendre le suivant. Je prends place dans la file d’au moins trois cent voyageurs face du comptoir Eurostar. Dix minutes plus tard, ça a avancé de 3 personnes. Le courage stoïque que l’on ressent durant les deux premières minutes d’attente commence à faire place à l’énervement. Quand tout d’un coup un employé me signale qu’il y a une autre file 10 mètres plus loin. Je m’y rends, et là, miracle, personne ! Encore plus incroyable, la personne de l’accueil valide mon billet pour l’horaire prévu initialement. Alors que cinq minutes plus tôt il ne me restait plus aucune chance, me voilà confortablement assis dans le train, direction Londres et à l’heure. Je raterai finalement mon avion pour Nice le dimanche, mais ce sera sans conséquences car j’embarquerai dans le suivant.

Est-ce la chance qui m’a permis de renverser cette situation à priori perdue ? Je ne crois pas. C’est le fait d’avoir osé. Si j’avais baissé les bras avant même d’aller à la gare, je n’aurais jamais pu réussir mon week-end.

Histoire 2 : comme un troupeau de buffles

Je remonte maintenant en 2001. A l’époque je travaillais pour un grand intégrateur, et je gérais une petite équipe parmi beaucoup d’autres en charge de la refonte des applications de gestion d’un Client. Il était 17h, nous avions une démo à réaliser pour le lendemain et rien ne fonctionnait, alors que les équipes avaient déjà travaillé jour et nuit pendant plusieurs semaines. Le niveau de stress dans la pièce était tellement haut qu’on aurait pu voir la tour Eiffel en montant dessus. Si nous annulions la démo le projet risquait d’être remis en cause. Alors nous nous sommes dit “on va y arriver”. Face à l’échéance du lendemain matin, nous avons attaqué les problèmes restant un à un. Et petit à petit, le stress négatif s’est transformé en stress positif, celui qui donne l’énergie d’avancer. Un morceau s’est mis à fonctionner, puis un autre, et encore un autre. Nous avons poursuivi nos efforts toute la nuit et à 8h du matin, une demi heure avant l’arrivée du Client, l’application fonctionnait ! La démo fut un succès et permit de poursuivre le projet. Inutile de décrire la joie et la satisfaction d’une équipe éreintée mais heureuse d’avoir accompli ce qui semblait impossible.

Cependant, quelques mois plus tard, parmi les équipes, certains finirent par craquer, par tomber malade ou par abandonner. Les conséquences humaines de ces efforts furent très lourds. Ce n’est qu’après l’arrêt du projet que j’ai compris que nous étions comme un troupeau de buffles qui charge ; pris dans notre propre mouvement, nous n’avons pas remis en cause notre objectif, nous avons foncé tête baissée sans prendre le temps de regarder ce qui se passait autour de nous.

Cette expérience m’a appris énormément. Avant d’investir une énergie énorme dans une tâche pour obtenir un succès éphémère, il faut s’assurer que l’investissement en vaudra la peine sur le long terme. De plus ce genre de situation fait souvent des dommage collatéraux ; comme lorsqu’une Nation refuse de capituler alors qu’il lui est devenu impossible de gagner la guerre, ce sont les innocents qui paient le plus lourd tribu. J’ai appris que savoir s’arrêter plutôt que de continuer à tout prix est la preuve d’une grande sagesse et d’une vraie humanité.

Histoire 3 : la mort au bout du fil

La troisième histoire remonte encore plus loin, aux années 90. Les conséquences des deux précédentes histoires auraient pu être gênantes si la situation n’avait pas été redressée, mais dans cette dernière histoire, un échec aurait signifié la mort. Pourtant, tout démarrait bien. Après un barbecue avec mon club d’escalade, nous avions décidé de grimper sur une tour de télécommunication et de descendre en rappel en pleine nuit, juste pour nous amuser (note pour les Liégeois : c’est la tour du Bol d’Air).

Arrivés au pied de la tour, nous débarquons le matériel. Les baudriers pour nous attacher, une grande corde de 9mm, des “8″ pour assurer la descente. Nous franchissons le grillage de sécurité, avec le plaisir lié à l’impression de faire quelque chose d’interdit mais sans conséquence grave.

Dans la nuit, nous montons un à un les escaliers qui mènent à la passerelle, 30 mètres plus haut. Nous attachons la corde solidement, pas de risque de ce côté. Nous prenons soin de vérifier qu’elle arrive jusqu’en bas. De plus, nous sommes tous des grimpeurs chevronnés, nous maîtrisons donc parfaitement les consignes de sécurité. Vient la question qui se pose à ce moment : qui passe en premier ? Je me porte volontaire, comme ça je pourrai vérifier que tout est bien pour les suivants.

Je passe la corde dans le 8, que j’attache à mon baudrier, et je commence à descendre. Et là, je me rends compte tout d’un coup qu’il y a quelque chose qui cloche. Suspendu dans le vide, je devrais pouvoir contrôle ma descente sans effort simplement en tirant légèrement sur la partie libre de la corde. Pourtant, ça ne freine pas, ou vraiment très peu, je dois tirer sur la corde comme un forcené pour ne pas commencer à descendre à toute allure et m’écraser en bas. Avec une acuité surprenante, je me rends compte que dans ces conditions je n’arriverai jamais vivant jusqu’en bas. Je n’ai fait que deux mètres sur trente, et j’ai déjà du mal à tenir la corde. Impossible de revenir en arrière.

Ce moment fait partie de ceux dont on se souvient toute sa vie. Je revois la corde qui s’enfonce dans le noir, 30 mètres plus bas. Le sol est trop loin pour pouvoir être éclairé avec la lampe. Le vent a fait dévier légèrement la corde dont une partie est accrochée à une poutrelle sur le côté de la tour. Le groupe en haut ne se rend pas compte que quelque chose cloche, ils me regardent descendre en souriant et en blaguant entre eux. Je peux sentir l’adrénaline qui s’écoule dans mon corps. Je suis dans une situation totalement désespérée et pourtant je garde la tête incroyablement froide, c’en est irréel.

Si j’avais été dans un film de Tarantino, il y aurait eu un gros méchant qui aurait dit un truc du style “tu vas nourrir les vautours, Gringo”. J’aurais répondu “il n’y a pas de vautours en Belgique”, puis j’aurais fait des mouvements pas possibles genre trois pirouettes pour me retrouver de nouveau sur la plate-forme en tenue jaune seyante avec un katana en main, prêt à affronter 200 ninjas mangeurs de chiens. Mais je suis pas dans un film, et ce que je me dis ressemble plutôt à “p*** trouve une solution”.

Mes mains commencent déjà à lâcher tout doucement. Alors je me souviens de ces cours de gym à l’école ou j’apprenais à monter à une corde fixe. Je me souviens que la technique consiste à bloquer la corde d’une manière bien particulière entre ses pieds. J’attrape la corde en dessous de moi avec mes chaussures. Je la place et je la bloque. Tiendra ? Tiendra pas ? A ma surprise, je me rends compte que le passage de la corde entre mes pieds offre juste la friction nécessaire pour me maintenir sur la corde sans effort. Tout doucement, je recommence à descendre, et moins de trente secondes plus tard, je suis en bas, sain et sauf.

L’erreur que j’ai commise ? Le 8 offre deux positions, une grande pour les cordes de dix millimètres ou plus, et une petite pour les cordes de diamètre inférieur. Nous avions pris une corde de neuf millimètres et par réflexe j’avais laissé mon 8 sur la position dix millimètres. Un millimètre de différence qui change tout.

Depuis, je n’ai pas réessayé de descendre en rappel d’une tour. Mais j’ai appris à ne pas faire confiance aveuglément aux vieux réflexes, à vérifier les éléments en fonction du contexte dans lequel je me trouve. Et aussi que parfois seule la providence peut nous venir en aide.

Epilogue

Qu’ai-je retenu de ces différentes situations désespérées que j’ai pu renverser ? J’ai compilé ici quelques éléments qui m’ont aidé à m’en sortir :

  1. Qui ose, gagne. Comme disent les anglais, “who dares wins”.
  2. Etre là où ça se passe. Je n’aurais rien pu faire si j’étais resté assis chez moi au lieu de me rendre à la gare.
  3. Vérifier que ça en vaut la peine. Dépenser toute son énergie pour réussir un coup d’éclat, c’est bien, mais si c’est pour échouer deux mois plus tard, cela n’en vaut pas la peine.
  4. C’est la solution qui compte. Une fois le problème connu, il vaut mieux consacrer son énergie à la recherche d’une solution plutôt que de ressasser sans cesse le problème.
  5. Chercher des coupables peut satisfaire un esprit de vengeance mais ne solutionne rien. La solidarité et l’esprit d’équipe sont bien plus importants pour continuer à avancer dans des situations difficiles.
  6. Plus de la même chose ne résout en général pas une situation désespérée. Si j’avais serré les mains plus fort autour de la corde, cela n’aurait servi à rien. Trouver une façon différente de me ralentir a été ce qui m’a sauvé.
  7. Agir au bon endroit. Le fait d’avoir choisi de me freiner avec les pieds a été bien plus efficace et m’a demandé beaucoup moins d’énergie que de me freiner avec les mains.
  8. Se mettre une contrainte peut aider. Avoir une contrainte de temps peut nous forcer à être beaucoup plus créatif et à trouver des solutions plus efficaces.
  9. Ne pas faire confiance aux vieux réflexes. 1 millimètre de différence, et tout peut être remis en question.

Et vous, qu’est-ce qui vous a aidé à vous sortir de situations désespérées ?

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Faites découvrir votre blog grâce à l’événement “à la croisée des blogs” – date limite de remise des articles : 31 octobre

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Note : l’édition de novembre est désormais en ligne, merci à tous les participants. Découvrez la liste des articles publiés ici.

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A la croisée des blogs novembre 08 : comment renverser une situation désespérée

J’ai le plaisir d’organiser l’édition de novembre 08 de “à la croisée des blogs”, un projet communautaire organisé par les blogueurs francophones du développement personnel. Ce projet donne l’opportunité aux blogueurs de participer à un événement mensuel important. Tous ensemble les blogs participants enregistrent des milliers de visiteurs par jour. Grâce aux liens vers votre article, vous avez une occasion unique de faire découvrir votre blog à de nouveaux lecteurs.

Pour voir concrètement à quoi ça ressemble, allez sur le blog céclair.fr, qui a organisé l’édition d’octobre sur le thème “vaincre ses peurs”.

Le thème de ce mois sera “comment renverser une situation désespérée“. Nous avons choisi ce thème car il correspond bien à l’actualité et aux sujets traités par les blogs du groupe.

Comment ça marche ? Comment participer ?

C’est très simple :

  1. Ecrivez un article sur le thème du mois et postez-le sur votre blog avant la date limite, à savoir le vendredi 31 octobre.
  2. Soumettez votre article pour l’événement en envoyant le lien à croiseedesblogs@gmail.com.
  3. Votre article est relu avant d’être accepté. Nous vérifions juste que l’article traite bien du sujet du mois, et qu’il ne véhicule pas d’idées inacceptables (injures gratuites, xénophobie, …)
  4. Le lundi 3 novembre un post sera publié avec les liens vers tous les articles, ce qui va mettre en avant votre blog.

Qui peut participer ?

Si vous animez un blog sur lequel publier un article traitant du sujet du mois a du sens, alors vous pouvez participer.

Quelques idées pour mieux tirer parti de l’événement

Voici quelques points à prendre en compte pour inciter les nouveaux lecteurs à découvrir votre blog :

  • Soignez le titre de l’article, car c’est lui qui sera visible. Ce sera donc l’élément déterminant qui fera que l’internaute cliquera ou non sur le lien vers votre blog.
  • C’est un article de découverte, qui va attirer de nouveaux visiteurs. Ne les découragez pas par un article trop difficile à appréhender ou qui nécessite de lire votre blog régulièrement pour être compréhensible. Faites un article punchy qui apporte de nouvelles idées, mais qui reste accessible par tous.
  • Ajoutez des liens à la fin de votre article vers d’autres articles de votre blog, pour inciter le lecteur à se lancer dans une découverte plus approfondie de votre blog.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires ou en m’écrivant à croiseedesblogs@gmail.com.

Et maintenant à vos claviers, ou pour les blogueurs plus traditionalistes, à vos plumes !

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