Pierre Morsa - Un guide de la nouvelle réussite

Analyse résumée des débats McCain - Obama et Palin - Biden

Tous les débats ont eu lieu entre les candidats à la Maison Blanche, John McCain et Barack Obama, et entre les candidats vice président, Sarah Palin et Joe Biden. D’ici peu de temps les Américains connaîtront le nom de leur nouveau président, un choix qui, en ces temps troublés, peut complètement changer la face du monde dans les prochaines années.

Initialement, je voulais analyser chaque débat comme le premier , mais cela s’est avéré inutile. En effet, après avoir regardé le face à face entre Sarah Palin et Joe Biden il n’y avait pas assez de matière pour écrire un article, j’ai donc préféré regarder les trois débats restants et faire un résumé global. Vous trouverez en fin de cet article un lien vers les vidéos complètes de chaque débat.

Encore une fois, l’objectif de ce blog est d’analyser les qualités d’orateur de chaque candidat, et d’apprendre de leurs forces et faiblesses. Je ne donnerai donc pas mon avis sur le contenu des programmes, sauf lorsque cela impacte directement l’efficacité de chaque candidat.

Un rappel sur le background de chaque candidat

John McCain avait la réputation d’être très bon lors de débats de type “town-hall”, qui était le format adopté pour le deuxième débat, et d’être un peu moins bon en débat en tête à tête. Les sondages le donnaient en retard après le premier débat, il devait donc trouver le ton juste pour rallier les indécis à sa cause.

Barack Obama, fort de son avance et de sa bonne prestation lors du premier débat, abordait les deuxième et troisième volets avec l’objectif de ne pas perdre cette avance. On verra comment il s’y est pris.

Sarah Palin était un vrai coup de poker pour McCain. Totalement inconnue du public, jeune, elle a tout de suite été mise sous pression par les média. Malgré cela, elle a ébloui lors de son premier speech à la convention Républicaine ; parfaitement préparée par les conseillers en communication républicains, elle a fait preuve d’une résistance au stress et d’une confiance en elle impressionnantes. Malheureusement, entre ce premier speech et le débat elle a réalisé de rares interviews avec le presse, qui se sont toutes transformées en fiasco pour elle. Incapable de donner le nom d’un journal qu’elle lit, donnant des réponses à côté de la plaque, elle a perdu en quelques jours tout le crédit qu’elle avait gagné. Les spectateurs attendait donc d’elle qu’elle n’échoue pas.

Joe Biden, son opposant était tout l’opposé. Vieux briscard de la politique au niveau international, il abordait le débat avec une réputation de débateur très expérimenté, mais prompt à en dire trop, donc de faire des gaffes. Les gens allaient donc faire particulièrement attention aux éventuelles bêtises qu’il aurait pu dire.

Les leçons des débats

Les débats, un exercice de plus en plus policé

Les débats sont porteurs d’enjeux énormes pour chaque camp. Aussi ceux-ci veillent à contrôler chaque petit détail pour limiter les risques. Les républicains ont ainsi exigé que le temps de réponse de Sarah Palin soit limité à 2 minutes (je vous laisse apprécier pourquoi), alors que les Démocrates ont été très attentifs au placement de chaque candidat.

Résultat ? Au final aucun débat n’était vraiment inspirant, et j’admets avoir eu des difficultés à les regarder de bout en bout. A chaque fois, les limites imposées et la peur de l’erreur ont fortement limité les émotions et les prises de risque de chaque candidat, rendant l’exercice assez monotone.

Une bonne apparence ne peut sauver un manque de fond

Et heureusement. Sarah Palin manquait cruellement d’expérience et de connaissances pour aborder le débat. Elle s’est limitée à des réponses préparées. Face à elle, Joe Biden a probablement réalisé le meilleur débat de sa vie. Le résultat a été sans appel. Durant un débat d’une telle importance, vous ne pouvez pas vous contenter de juste “ne pas échouer”, comme Sarah Palin l’a fait. Vous devez démontrer votre capacité à diriger un pays.

Si vous voulez gagner, vous devez comprendre vos électeurs…

…et leurs préoccupations. Lors du premier débat, la différence était flagrante, John McCain n’a pas parlé de la classe moyenne, alors que Barack Obama en a fait le centre de sa campagne. Pour pouvoir composer un message efficace, la première chose à se demander est “qu’est-ce qui empêche mon audience de dormir ?”

L’attaque destructive n’est pas une bonne stratégie

Beaucoup de commentateurs ont relevé que le camp McCain-Palin était toujours beaucoup plus à l’attaque que le camp Obama-Biden. La première idée est de ce dire qu’un candidat qui attaque est dominant et va donc paraître plus performant que son opposant. Pourtant ce ton agressif n’a pas du tout fonctionné pour John McCain. On pourrait penser que c’est un exemple isolé, mais ce n’est pas le cas, les exmples abondent ; cela n’a pas non plus marché pour Ségolène Royal dans son débat contre Nicolas Sarkozy, ni pour Al Gore face à George Bush, ni pour Ross Perot face à Al Gore ! Je pense qu’il y a plusieurs raisons :

  • Cela dépend beaucoup de la réaction de l’adversaire que vous avez en face de vous : si celui-ci commence à accepter de répondre aux attaques et à se justifier, vous gagnez en étant agressif. Mais si celui-ci garde son sang-froid et répond de manière constructive, l’attaquant apparaît comme étant peu maître de ses émotions, alors que son adversaire montre qu’il est capable de faire face aux situations difficiles.
  • Attaquer prend du temps, pendant lequel vous n’avez pas le temps de passer un message positif. Obama l’a bien compris, il a toujours utilisé son temps dans chaque débat à se focaliser sur son message positif.

Pour combattre les Spin Doctors, cherchez la vérité

Les Spin Doctors, ce sont ces conseillers en communication qui cherchent à présenter des faits de manière différente pour en tirer un avantage. Ainsi, l’événement de Joe le Plombier a beaucoup fait parler d e lui.

Durant le dernier débat, John McCain a joué la carte Joe le Plombier à fond. Mais malheureusement, ce coup de bluff n’a pas résisté à la réalité, qui était que Joe le Plombier n’était qu’un imposteur.

Face aux mensonges, la meilleure arme est la sagesse et l’honnêteté.

Dans trois ans, il ne restera que les messages avec émotions

Dans trois ans, nous aurons pratiquement tout oublié. Les seuls moments des débats dont nous nous souviendrons sont ceux durant lesquels nous avons ressenti une émotion. Le moment où Joe Biden a parlé de sa famille. Le moment où Sarah Palin a fait rire toute l’assemblée avec sa blague sur le Pitbull et le rouge à lèvres. Nous nous souviendrons des moments où Barack Obama a soulevé les foules, mais nous aurons oublié son message. Les paroles s’envolent, les émotions restent.

Notes sur le dernier débat McCain-Obama

C’était probablement le meilleur débat de McCain, et si ce débat avait été le premier cela aurait pu influencer les sondages en sa faveur. Malheureusement, c’était trop tard. De plus, le ton négatif de sa campagne a probablement fortement diminué la crédibilité de ses attaques durant le débat. John McCain a compris trop tard où se jouait la victoire. L’amérique a changé. Barack Obama, par sa candidature, a déjà changé beaucoup de mentalités.

Conclusions

Le vainqueur n’est pas encore connu. Cependant une majorité d’américains donne Obama gagnant. Les éléments clés qui ont fait pencher la balance en faveur d’Obama :

  • Un ton positif durant toute sa campagne. Et cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé.
  • Le manque de crédibilité de Sarah Palin, la co-listière de John McCain.
  • Dès le début, il a compris que la victoire se jouerait sur l’économie. Il a repris le fameux slogan de la campagne de Bill Clinton “C’est l’économie, idiot !” (It’s the economy, stupid !)
  • Les mauvais conseils prodigués à McCain par son équipe de campagne. John McCain aurait très bien pu conduire une campagne positive, en tant qu’homme, il a toutes les qualités requises pour le faire. Il a été victime de la culture de son parti.

Ce qui est sûr, c’est que suite à ces débats beaucoup de spécialistes de la communication vont devoir rénover leurs méthodes. Chaque camp va apprendre et analyser les résultats, et il sera très intéressant de voir l’évolution dans 4 ans. En attendant, Colin Powell, un des Républicains les plus respectés aux Etats-Unis, vient d’apporter son soutien au candidat Démocrate, Barack Obama. Cet événement suffit, à mon sens, à résumer le résultat des débats.

Annexe : les vidéos complètes de chaque débat

Premier débat :

Débat Sarah Palin - Joe Biden

Deuxième débat :

Troisième débat :

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Présentations visuelles : un exemple en 7 images sur l’auto-motivation


Message + Visuel = impact

Si vous suivez ce blog depuis un petit bout de temps, vous savez que j’y défend une approche visuelle des présentations. Et pour ce faire, j’ai utilisé… beaucoup de texte et peu d’images !

J’ai décidé de mettre en pratique ce que je prêche. Je vous propose donc dans ce billet 7 slides extraits d’une présentation sur l’auto-motivation que j’ai réalisée dans Keynote.

Chacun de ces slides est construit de la même manière : un message clé + un visuel qui le renforce. Remarquez que cette façon de procéder communique beaucoup d’éléments que du texte ne pourrait jamais faire passer aussi efficacement. En particulier, les images véhiculent bien plus d’émotions. Je reprendrai dans un prochain article les quelques règles utilisées.

Vous pouvez charger les visuels en grand format au format pdf ici.

Slide 1 : je ne craindrai personne

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Slide 2 : je prendrai soin de ce qui compte

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Slide 3 : je changerai les règles

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Slide 4 : je n’accepterai pas de limites

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Slide 5 : j’apprécierai le fruit de mes efforts

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Slide 6 : j’aidrai les autres à grandir

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Slide 7 : je garderai l’esprit libre

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Communication extrême

Il faut bien avouer que les méthodes de communication aux Etats-Unis peuvent parfois sembler un peu extrêmes pour nous européens. Mais là, Américains et Européens sont d’accord : c’est vraiment extrême comme communication.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, ce n’est pas un comique ou un débile lambda, c’est Steve Ballmer, le CEO de Microsoft.

Son dernier clip en date “vante” les mérites de Windows :

Et pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de s’imprégner du style “Ballmer”, voici, selon lui, comment promouvoir le développement pour windows :

Mais bon, tout le monde n’apprécie pas ce style de communication. Ca cause parfois des réactions violentes.

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7,5 secrets d’art oratoire, par Barack Obama

Avez-vous vu le discours d’investiture de Barack Obama à la candidature Démocrate aux Etats-Unis ? Au-delà des idées politiques défendues, ce discours est tout simplement éblouissant, aussi bien sur le fond que sur la forme. De fait, je n’hésite pas à dire qu’Obama est parmi les 10 meilleurs orateurs de ces 20 dernières années. Je ne me souviens pas avoir vu un discours politique aussi bon depuis que je suis adulte. A l’heure actuelle, lorsqu’il s’agit de parler en public, il est simplement dans une classe à part.

Mais ce qui nous intéresse, c’est de comprendre les raisons qui font de Barack Obama un aussi bon orateur, pour pouvoir nous en inspirer et nous améliorer, même si les discours politiques sont un genre un peu particulier. Voici donc 7 leçons et demi à retenir du style de “Barry”. Evidemment, si vous avez suivi des cours d’art oratoire, certaines vous paraîtront évidentes, mais d’autres sont plus surprenantes.

1. Le corps passe autant d’information que la voix. Beaucoup d’hommes politiques ont des tics qui trahissent leur nervosité lorsqu’ils parlent en public. Pour certains, c’est un haussement d’épaule aussi involontaire que régulier. Pour d’autres, ce sont le sourire et les muscles du visage qui se crispent en un rictus. Pour d’autres encore, les mains qui s’agrippent désespérément à un micro. Chacun de ces gestes, s’ils sont involontaires et pas toujours perçus par notre conscient, sont par contre enregistrés 5 sur 5 par notre subconscient, et celui-ci nous alerte : cet homme / cette femme a quelque chose à cacher. Barack Obama n’a pas ces tics. Il maîtrise parfaitement le langage de son corps : le corps bien droit mais pas rigide, la tête droite, les épaules relâchées, les pieds posés à plat sur le sol.

2. Le regard établit le lien émotionnel avec le public. Regardez le regard de Barack Obama pendant son speech dans la vidéo ci-dessus. Vous vous dites qu’il connaît son discours par coeur et qu’il regarde le public dans les yeux. Ce n’est pas le cas ; en réalité il lit son texte qui défile sur 3 écrans, un à gauche, un au centre, un à droite. Si vous regardez plus attentivement, vous verrez clairement que ses yeux vont rapidement de gauche à droite, signe qu’il lit le texte. Mais arriver à lire un texte sur un écran tout en donnant cette impression de regarder le public, et détacher ses yeux de l’écran pour réellement regarder le public de temps en temps est un vrai tour de force. Et si Barack Obama a pris le temps de maîtriser cette technique, c’est parce qu’il sait que c’est le regard qui noue une relation entre le public et lui. Et à la fin d’un discours ce dont vous vous souviendrez le plus ce sont les émotions que vous avez ressenties.

3. La sincérité décuple la puissance d’un message. Lorsque Barack Obama parle, il le fait selon son style. Bien sûr, ses conseillers en communication l’ont coaché pour qu’il soit proche de la perfection, mais Barack Obama a gardé une véritable authenticité dans sont style qui n’appartient qu’à lui. Dans la vie, il ne faut pas jouer un personnage, il faut être soi-même. Barack Obama ne joue pas le rôle du candidat, il est le candidat à la présidence. De fait, on peut même dire qu’il ne se sent pas l’âme d’un candidat, mais du futur président des Etats-Unis.

4. Les mots n’ont jamais autant de force que lorsque ce sont les vôtres. Lorsque Barack Obama prononce son discours, on a l’impression que les mots sont les siens. Le secret ? C’est parce que ce sont les siens. Lorsque cela compte, il écrit son discours lui-même, car il sait qu’il ne pourra jamais donner la même force à des mots qui ne lui appartiennent pas. Bien sûr, il est conseillé par des Speechwriters professionnels, mais il ne leur confie pas l’écriture du discours de A à Z. Le contraste est particulièrement frappant par rapport aux Dirigeants qui arrivent sur scène après avoir lu un paquet de 20 slides préparés par un Quidam 10 minutes avant d’entrer sur scène.

5. Pour être bon, il faut aimer ce que l’on fait. Obama est candidat car c’est ce qui le passionne. Il a choisi de faire ce qu’il aimait. Si vous devez parler en public, choisissez de parler de sujets que vous aimez. En entreprise c’est parfois impossible, mais dans ce cas là la vraie question à se poser est “comment se fait-il que je sois en train de présenter quelque chose que je n’aime pas ?”

6. Un message positif vaut 100 messages négatifs. Se focaliser sur le positif renforce le message. Dénigrer affaiblit le message. Obama a refusé de se laisser aller à utiliser la critique facile tout au long de sa campagne, vis-à-vis par exemple de Sarah Palin, la co-listière de son opposant. Et quoi qu’on en dise, cela le place automatiquement sur un plan moral bien plus haut. Car finalement, si tout ce que vous savez faire au niveau politique c’est critiquer vos adversaires, cela montre à quel point vous n’avez aucune solution à offrir. De manière générale, je pense, j’espère de tout coeur que la “Politique positive” va prendre le pas sur la “Politique de la critique facile” que nous n’avons que trop subi depuis des décennies.

7. S’entraîner jusqu’à la perfection est la clé du succès. Barack Obama s’est entraîné. Et lorsqu’il a été prêt, il s’est entraîné encore plus, jusqu’à être parfait. Or tous les Coaches en présentation et en communication vous le diront : ce qui les frustre le plus, c’est le refus de la plupart de leurs Clients de passer du temps à s’entraîner et à répéter leur présentation.

7 et demi. Le rythme renforce les mots et leur donne du sens. Regardez la vidéo pour voir Obama montrer son sens du rythme. Plus sérieusement, écoutez bien le rythme du speech d’Obama dans la première vidéo. Faites bien attention à sa façon de faire des pauses dans son discours. D’alterner les moments calmes avec les moments forts, car c’est ce qui renforce l’émotion de son discours.

Note complémentaire : ce billet analyse le style de communication de Barack Obama. Ce blog ne fait pas de politique et n’en fera jamais. Je me garderai donc bien de me prononcer sur le fond du programme du candidat.

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Réaliser une présentation partie 3 : la répétition

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Cet article fait partie de la série “Réaliser une présentation.” Si vous ne les avez pas lus, voici les liens vers les autres articles de la série :

Une fois la présentation préparée, beaucoup de personnes s’arrêtent, pensant que le travail est terminé. Et pourtant, il reste encore 2 étapes cruciales avant de donner la présentation : la répétition et la préparation du lieu. Cet article va creuser le sujet de la répétition, étape très souvent négligée. Il se divise en trois points :

  • Vous, le présentateur, en tant que “machine à présenter”
  • La répétition en situation
  • La préparation des questions / réponses

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